Le Forum des Khâgneux

Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance. (La Divine Comédie; Dante Alighieri -1472)
 
AccueilAccueil  ­CalendrierCalendrier  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Colle philo "Contre quoi la culture nous défend-elle ?&

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Marine



Nombre de messages: 428
Age: 22
Localisation: Paris
Date d'inscription: 12/09/2006

MessageSujet: Colle philo "Contre quoi la culture nous défend-elle ?&   Mar 23 Jan - 19:17

Alors je vous la met, j'ai eu 11, mon truc c'était un beau bordel, même po de plan (remarque j'en fais jamais), mais le colleur a réussi à trouver des parties dans mon truc alors que même moi j'en avais pas scratch

enfin bref (je l'ai rédigée ... je sais, y faut pas, mais j'men fous !) (notez mon magnifique charabia sans queue ni tête ... ^^ c'est la faute à mon frère, il est rentré du Japon ce week-end alors j'ai pas eu trop le temps !)

CONTRE QUOI LA CULTURE NOUS DEFEND-ELLE ?

A première vue, on serait tentés de répondre à la question directement, en prenant par exemple le point de vue des Lumières : la culture, en tant que connaissance, nous défend contre l’obscurantisme et l’ignorance. On peut aussi évoquer l’opposition nature / culture et affirmer que la culture nous défend contre la nature, en faisant appel à la théorie de Rousseau selon laquelle la culture est apparue au moment où la nature est devenue ingrate envers l’homme. La culture s’envisagerait donc comme un bouclier à la nature. On retrouve l’idée de rapport conflictuel entre la culture et la nature, comme un combat entre la conscience de soi (la culture) et l’ignorance de soi (la nature). La position « raciste » prétend que la culture est ce qui distingue l’homme civilisé de l’homme « sauvage ». Selon cette hypothèse, la culture nous défendrait contre la barbarie. Cependant, il est très aisé de dire, à la lumière des travaux des ethnologues et anthropologues, que cette théorie ne tient pas, tous les hommes ayant une culture à part entière.

Cependant, la première difficulté semble consister dans le sens à donner au terme « culture ». Cela constitue un obstacle de taille, et nous verrons pourquoi. Ensuite, le sujet semble supposer une sorte de pugnacité de la part de la culture : est-ce recevable ? Est-ce que la culture peut nous défendre contre quelque chose ? En a-t-elle le pouvoir ? Et, par suite logique de cette question, quels sont les pouvoirs de la culture, si elle en possède ?

Si l’on reprend la théorie selon laquelle la culture nous défendrait contre l’ignorance, nous pouvons nous demander si la culture a un quelconque pouvoir contre l’ignorance. Il y a comme une sorte de redondance à dire que la culture comme connaissance nous défend contre l’ignorance (car la connaissance, intrinsèquement, ne lutte-t-elle pas contre l’ignorance ?).
Peut-on alors envisager la culture comme volonté de connaissance ? Volonté d’élévation, volonté de lutte contre la nature, bref, mouvement de volonté ?
Il semble que cette hypothèse soit recevable – encore faut-il que cette volonté tende à un objet acceptable.
Volonté de lutte contre la nature : la nature en tant que sphère ignorante d’elle-même et du reste du monde. La volonté en elle-même peut être vue comme faisant partie de la culture car elle brise l’objectivité de la nature.
C'EST-A-DIRE que pour vouloir, il faut pouvoir dire « je veux », donc nécessité d’un sujet pensant – d’un sujet culturel. A partir du moment où l’on dit « je », on est sorti de la nature.
La culture comme volonté de lutte ou de défense contre la nature peut aussi avoir un sens. Face à la nature qui apparaît cruelle : comme déclenchement de l’activité culturelle, dans le sens où elle signifie « ensemble des activités humaines », industrie par exemple. La culture nous sert alors à nous défendre contre le froid, les prédateurs ... La culture comme technique répond à ces besoins de protection contre les assauts de la nature.
L’art peut être vu, sous un certain aspect, comme la représentation humaine de la nature, mais une représentation qui s’efforce de surpasser la nature, ne serait-ce qu’en la figeant dans le temps : l’œuvre d’art est intemporelle, le temps n’a pas de prise sur elle. Donc volonté de surpasser, d’être comme maître de la nature (par un certain pouvoir à la figer).

Envisageons aussi la culture comme volonté d’être homme. La culture est ce qui rend un homme humain et non animal. La culture peut donc être vue comme la volonté de faire partie de l’humanité, la volonté d’exister, de faire partie du monde.
=> EN CE CAS, la culture nous défend, par sa volonté à vivre, contre l’indifférence, l’indifférentisme, le NIHILISME.
Prenons l’exemple de Nietzsche dans Le Cas Wagner : Wagner a voulu suivre les enseignements de Schopenhauer, tout en créant des opéras d’inspiration chrétienne. La morale chrétienne s’est donc heurtée à la morale schopenhauerienne. Nietzsche accuse Wagner d’être nihiliste, c'est-à-dire de nier la vie, de ne pas avoir cette volonté de vivre. Sachant alors que Wagner, en son temps, est considéré comme l’apanage de la haute culture, on peut s’interroger sur bien-fondé de cette culture. Cette culture est donc négation de la vie, et négation de la culture dont nous parlons, c'est-à-dire culture comme volonté de vie.
La culture comme volonté de vie peut concorder avec le sujet : elle nous défend alors contre le nihilisme et l’indifférence.
Cette culture nous aiderait donc à rester vivants ; non pas à nous défendre contre la mort, mais à résister à l’attrait du vide et du néant.
En quoi cette culture nous défend contre le nihilisme ? Comment s’y prend-elle ?

La question de savoir ce que l’on entend par culture se pose à nouveau : pour savoir comment elle nous défend contre le nihilisme, il nous faudrait savoir ce que l’on désigne par le terme « culture » - or, c’est très difficile à déterminer, personne n’a jamais vraiment trouvé la réponse.

Revenons à un autre point : le sujet « contre quoi la culture nous défend-elle » suppose que la culture peut nous défendre contre quelque chose. Cela suppose donc une certaine forme de pouvoir, ou bien une certaine forme de volonté de la culture.
La culture a-t-elle donc ce pouvoir ? La culture est-elle une puissance ?
Ces questions restent à nouveau sans réponse tant que l’on ne sait pas comment comprendre le terme « culture ».
Si l’on décide, de façon tout à fait arbitraire (et donc contestable) de voir dans le mot « culture » la désignation de l’ensemble des systèmes par lesquels les hommes comprennent le monde, on peut se demander quel serait le pouvoir ou la puissance d’une telle culture.
On peut avancer l’hypothèse selon laquelle cette culture aurait le pouvoir d’organiser le chaos de la nature, de donner un sens (et une signification) à ce qui n’en a pas. La culture nous défendrait donc contre le chaos. Lutte contre le non-sens du nihilisme peut également s’envisager.

Cependant n’oublions pas que la culture est indissociable des hommes qui la font. La culture n’est pas figée (la culture en tant que systèmes de représentation du monde). Nous la faisons à chaque instant. La culture peut donc être vue comme l’ensemble des actes purement humains et raisonnés que nous faisons.
=> EN CE CAS, ce seraient ces actions qui seraient susceptibles d’avoir quelque pouvoir pour nous défendre. En somme, nous nous défendons nous-mêmes grâce à notre « nature » d’êtres culturels. La culture nous enseigne donc certains mécanismes de réflexion, et ainsi nous rend capable de juger et d’évaluer des situations, pour nous en défendre ou les accepter, selon les critères (moraux, éthiques, culturels) que nous adoptons.

C’est cette particularité humaine qui fait de nous des êtres à même de se protéger de divers dangers : si l’ignorance a été si sévèrement combattue à l’époque des Lumières, c’est parce qu’on s’est rendu compte que l’esprit humain était capable de lutter contre l’obscurité et l’obscurantisme.
 la culture (toujours en tant que système de représentation du monde) nous défend donc ... contre nous-mêmes et contre l’attrait pour l’ignorance et le vide que nous pouvons parfois éprouver.

La culture a-t-elle une quelconque puissance ? Est-elle une puissance ? Question ardue, que nous allons essayer d’éclaircir autant que possible.
La culture est donc ce qui nous distingue de la nature : en cela, on peut voir en elle une puissance de séparation d’avec l’ordre naturel, d’avec le règne animal. Mais cette définition ne semble pas suffire : une autre puissance devrait pouvoir être envisagée, auquel cas il semblerait que l’on donne trop d’importance à la culture qui n’a de puissant que le fait qu’elle nous distingue du reste des êtres vivants.

La culture peut avoir la puissance, le pouvoir de nous pousser à vivre et à être humains, nous pousser à nous servir de la raison.
=> Peut-on envisager la culture comme puissance de raison ? Car en tant qu’elle nous fait humains, elle nous apporte nécessairement la raison. Contre quoi nous défendrait-elle alors ? Contre l’irréflexion, l’ignorance de soi ?
=> Peut-on alors comprendre la culture comme puissance de la conscience de soi, c'est-à-dire comme puissance subjective ?
Par la culture, l’animal « homme » devient humain et sort de l’objectivité de la nature pour entrer dans la subjectivité.
La culture nous aiderait donc à nous définir comme humains, et nous défendrait aussi contre l’objectivité naturelle, c'est-à-dire formerait une barrière (ou un lien, c’est à discuter) face à l’objectivité de la nature : c'est-à-dire préserve la subjectivité et empêche l’homme de retomber, de se fondre (à nouveau ?) dans le grand ensemble unique et anonyme de la nature (c'est-à-dire que la culture nous apporte l’INDIVIDUALITÉ, la PARTICULARITE, face à l’UNIVERSEL qui caractérise la nature).

La culture comme puissance subjective se pose donc en opposition à la nature : la technique, pour la défense physique (le froid, les prédateurs, comme nous l’avons évoqué) ; l’art, pour la défense intellectuelle (transformation et sublimation de la matière brute) ; la raison et la philosophie pour la défense morale (mise en place de systèmes de valeur et de sens, de structures au sens de Lévi-Strauss).
Donc organisation du monde subjectif autour (ou bien au sein ?) du monde objectif. Détachement originel et qui se perpétue de jour en jour par la simple activité de la raison.
=> Pouvons-nous alors transformer la question, et la faire : « Contre quoi nous défendons-nous par la culture, par l’activité subjective ? » ?
Car si on accepte cette définition de la culture comme subjectivité originelle, le sens de la question se transforme : la subjectivité est-elle une puissance ? Contre quoi la subjectivité faite culture nous défend-elle ?

Nous pouvons mêler deux idées que nous avons évoquée : la subjectivité nécessaire à la volonté ... En ce cas, essayons de considérer la culture comme désir en tant que désir de ce que la nature n’a pas donné. Qu’est-ce que la nature n’a pas donné aux hommes ? De cette négation naît la culture, c'est-à-dire effort d’obtenir le différent : la raison ?
Si on envisage la culture comme désir, alors on peut imaginer qu’elle nous défend contre le vide : par le sentiment de manque perpétuel, elle nous pousse à agir et à user de la raison. Mais désir de quoi ?
Peut-être désir de raison, désir d’une civilisation, désir de perpétuer la culture ...

Il paraît donc difficile de déterminer le « pouvoir » de la culture, puisque c’est nous qui lui donnons ce pouvoir, et réciproquement elle nous fournit certaines capacités. Consciemment ou non, nous agissons de manière à perpétuer la culture. Ainsi ce n’est pas tant la culture elle-même qui nous défend contre quelque chose, mais c’est plutôt nous, en usant de ce que la culture nous offre, qui nous donnons la capacité de lutter contre différents dangers inhérents à notre « nature » d’êtres culturels.
De nos jours, cependant, nous pouvons émettre des réserves sur ce prétendu pouvoir de la culture. La « culture de masse » qui se répand de plus en plus, semble être une négation de la culture telle que nous venons de l’envisager. Ce n’est pas une culture à tendance nihiliste, mais à tendance uniformisatrice : elle empêche la réflexion, et c’est parfois même l’ignorance qui vient clore les apprentissages de cette culture.



Les remarques du colleur :
Défense veut dire aussi qu'il y a attaque : est-ce que la culture est menacée ?
Risque de l'indifférence.
Fil conducteur pourrait être : il y a attaque, il y a défense : peut-on attribuer à un ensemble de pratiques et d'idées (culture) des comportements empiriques matériels ?
Il y a la défense-réflexe, et il y a la défense spirituelle, avec risque d'esthétisme.
Processus de complexification de la culture, qui nuit elle-même à ses propres défenses contre la nature, qui n'est jamais loin.
Spinoza : la nature ne disparaît pas, elle est simplement recouverte par l'éducation, le travail de la raison.
Est-ce que la culture est une défense contre la nature ? Contre les instincts qui nous menacent ? Aristote : "l'homme est bestial mais pas la bête". La bestialité n'est pas le fait de la culture. Lire TOTEM ET TABOU (Lévi-Strauss) là-dessus.
Nietzsche : culture est illusion, faux critère anthropologique. La question doit tourner à l'avantage de la culture.
La culture nous défend contre nous-mêmes.
Enjeu politico-social : culture de masse. Il y a des degrés de culture : est-ce que la culture ne ns défend pas contre une dégradation possible d'une quantité de culture et surtout d'une qualité ? => élitisme culturel (moins important que le reste de ce qu'on a vu).
Nous défend contre, dans une sorte d'auto alimentation, sa dépréciation : selon Nietzsche, la culture isole, rend les esprits séléctifs, car eux-mêmes sont sélectionnés.
La menace sur la culture est-elle donc formée par des êtres "cultivés" qui ne veulent pas partager ? Lumières : ce ne sont pas des paysans qui lisent le Contrat Social ou l'Encyclopédie.
Rapport culturel à la nature. Défenses qui n'interdisent pas le retour à l'instinct et les pulsions de mort (Freud).

_________________
You choose to live on your knees, I'd rather die on my feet ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Colle philo "Contre quoi la culture nous défend-elle ?&

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Forum des Khâgneux :: Archives 2006/2007 :: Khôlloscopes, exposés et interros-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet