Le Forum des Khâgneux

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 suite de la géographie urbaine de JP Paulet

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Kalyan



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MessageSujet: suite de la géographie urbaine de JP Paulet   Ven 26 Jan - 18:44



3.2.2.2 Du réseau embryonnaire au réseau optimum
p.51 Réseau embryonnaire : les routes sont absentes et l’hélicoptère ou l’avion sont indispensables.
Réseau hiérarchique : disposition polaire ou en étoile en partant d’une ville privilégiée. Ce réseau n’est pas le plus pratique pour l’usager mais il est moins coûteux pour le constructeur.
Réseau optimum : toutes les villes sont reliées. C’est la connexité (possibilité pour un point de se relier à n’importe quel autre point) complète (à ne pas confondre avec la connectivité qui correspond aux choix possibles pour améliorer les liaisons entre les villes).

Deuxième Partie Une ère nouvelle

4.1.2.1 Les campagnes des Tiers Mondes : la crise
« L’exode rural dans les Tiers Mondes obéit à deux sortes de facteurs : d’une part, il se produit un phénomène de rejet qui pousse les paysans à partir et, par ailleurs, la ville attire pour de multiples raisons, à la fois objectives et subjectives. Les campagnes deviennent répulsives car elles sont en crise. Le terme sera utilisé dans le sens le plus strict : il s’agit d’une rupture brutale dans une évolution. Gilles Montigny indique que le mot est d’origine médicale et « désigne, non la maladie elle-même, mais un moment paroxysmique ». La crise est donc un signal. En chinois, le mot possède un double sens très intéressant : Wéiji signifie « danger » et « opportunité ». Autrement dit, une crise est une remise en cause profonde des structures en donnant la possibilité d’opérer des transformations bénéfiques. »
« Les zones rurales connaissent toutes, dans des systèmes économiques plus ou moins développés, des problèmes d’adaptation à la mondialisation. Dans les Etats les moins avancés, la pression démographique et l’attraction des espaces côtiers, foyers d’exportation, provoquent d’importantes migrations intérieures. »
[Globalement, pour l’ensemble des Tiers Mondes, la part de la main-d'œuvre agricole dans la population active diminue, mais compte tenu de la croissance démographique, la main-d'œuvre agricole continue de croître en valeur absolue.]
Très souvent, les « migrations du désespoir » (J. Dupuis) sont le résultat de toute une série de facteurs allant de la guerre au surpeuplement.
« Dans les régions ou l’agriculture se modernise, les exigences de la productivité suppriment des emplois et contribuent à accentuer l’exode saisonnier ou définitif. Par ailleurs, dans les vieux pays industriels, l’industrie a permis, dans un premier temps d’employer la population des campagnes. Cette urbanisation technologique s’oppose à ce que M. Santos a appelé l’urbanisation démographique des pays pauvres. Très souvent, la grande ville d’Afrique se tertiarise mais offre peu d’emplois. »
« la misère s’est transférée de la campagne où elle était diffuse à la ville où elle s’est concentrée. » (P. George)

4.2
Distinction de Philippe Haeringer entre « métropolisation » et « mégapolisation ». Dans ce dernier cas, l’accent est mis uniquement sur l’aspect démographique d’une ville millionnaire. La population d’une agglomération, si importante soit-elle, n’est pas révélatrice de sa puissance économique et politique.

4.2.1.1
Les grandes villes du Sud sont toutes caractérisées par une forte croissance démographique : les activités, les possibilités d’emplois, ne se multiplient pas à la même cadence.

4.2.1.2 Les grandes villes : facteur de développement ? (dans les pays en développement)
Evolution spontanée, incontrôlée, et urbanisation anarchique qui s’étend. La rapidité de la croissance entraîne d’immenses bidonvilles à la périphérie des agglomérations : tugurios de Bogota, favelas de Rio. On estime la population de ces bidonvilles à la moitié des urbains (mais probablement beaucoup plus). Ségrégation spatiale importante.
Certains auteurs conseillent un blocage de l’urbanisation : il faut ainsi ralentir l’exode rural et promouvoir la « décentralisation ». (« Plus de ruralisme et moins d’urbanisme », F. Castro) On peut aussi souligner la responsabilités des déséquilibres régionaux et recommander l’aménagement du territoire : la création de Brasilia correspond à une volonté de rééquilibrage. Pourtant, construite à l’origine pour 700 000 à 800 000 habitants, la ville n’a pas su échapper au processus de polarisation et à la prolifération des « cités-satellites » et des bidonvilles. La capitale compte aujourd’hui un ensemble de 2 millions d’habitants.
Malgré la misère la vie est souvent plus rude à la campagne qu’à la ville qui permet l’accès aux équipements de base. Pourtant beaucoup d’auteurs présentent la ville sous un jour noir, car ils sont inspirés par la vision d’un âge d’or rural. Ainsi pour Le Monde, Le Caire est « un grand corps malade et pustulé souffrant d’éléphantiasis chronique ».
Les progrès technologiques, les communications plus faciles, permettent un exode rural. Ainsi, l’extension urbaine incontrôlées va rejeter les nouveaux citadins dans les périphéries les plus difficiles : marécages, pentes raides,…

4.2.2.1
L’économie informelle joue un rôle capital dans les énormes villes comme Lagos ou Bombay. On peut la définir par la taille réduite des entreprises et par le non-respect de la loi et des réglementations.
Dans les grandes cités, en Afrique, on trouve souvent des « associations villageoises » qui conservent les pratiques paysannes et créent des services communautaires.
On s’aperçoit dès les années 50-70 des effets pervers de l’exode rural. Les stratégies de développement condamnent cette croissance excessive des villes qui coûte très chère. Les politiques de développement des campagnes vont le plus souvent échouer. Aujourd’hui on s’oriente plutôt vers des plans d’aménagement qui reposent sur des mesures destinées à susciter une hausse des emplois urbains et sur l’amélioration des logements et des infrastructures (drainage des eaux, problème des déchets,…). Le concept de durabilité est désormais une priorité ; cependant les coût de ces transformations sont élevés.
La croissance urbaine est un facteur de développement, fondé sur des économies d’agglomération qui sont préférables aux « déséconomies » centrifuges, trop élevées des campagnes. Aujourd’hui, la grande ville du Sud repose sur un déséquilibre : la plupart du temps ce n’est pas la mégapole qui est trop importante, c’est le reste de la région qui n’est pas assez développé.
L’exode vers la mégapole nationale n’étant qu’une étape, avant de s’en aller vers le Nord, la grande ville est un carrefour des diasporas : le problème n’est pas caractéristique du Sud, et les mégalopoles des nations développées sont aussi des exemples de multiculturalisme.

Troisième partie

6.1.1.1 Le piège des idéologies
La géographie s’est beaucoup servie du concept marxiste de classe sociale. La ségrégation résultait de l’affrontement de « classes » avec des rapports de domination. La géographie sociale s’est inspirée de ces principes. La ségrégation s’opère par la spécialisation des quartiers en fonction du type de production. Selon P. George, dans une introduction intitulée les banlieues : une forme moderne de développement urbain à l’ouvrage Etudes sur la banlieue de Paris (publié dans les années 30 ???), « pour éloigner l’ouvrier des quartiers bourgeois , la classe dirigeante a été amené à pratiquer une politique urbaine nouvelle ».
Mike Davis, en 1996, décrit les quartiers riches de LA, édifiés à la périphérie, construits comme des forteresses avec vigile pour permettre aux habitants d’être ou de se sentir en sécurité. Quatre millions d’Américains vivraient dans ces quartiers clos presque autonomes.
Pour la géographie radicale les processus sociaux s‘expliquent par le concept de domination certains groupes détenant l’argent et le pouvoir exercent une influence décisive sur l’organisation de l’espace.
Selon notre auteur, il est nécessaire de recentrer l’étude du quartier sur l’individu lui-même, en supposant qu’il dispose d’une certaine liberté…la ville n’est pas uniquement un champ de bataille.

6.1.2 L’écologie urbaine : des modèles précurseurs
Roderick D. Mc Kenzie compare l’écologie animale et végétale à une écologie humaine car les « rapports sociaux des êtres humains sont déterminés par la compétition et la sélection » (1925).
Le schéma de développement d’une ville par zones radioconcentriques qu’a développé E.W. Burgess va devenir une référence largement diffusé.

6.1.2.1 Le modèle d’E.W. Burgess : une « école » de Chicago (Attention ce modèle date des années 1920 et doit être réactualisé)
Chaque ville est une association « d’espaces sociaux » différents : depuis le vieux noyau de la ville (le loop ou boucle) qui correspond au CBD, l’agglomération s’étend en zones concentriques. Cet emboîtement d’anneaux à partir du centre des affaires obéit à la logique suivante : autour du loop se situe une zone de transition, aire d’installation des premiers immigrants avec Chinatown ou Little Sicily. Chaque zone correspond à l’assimilation et à l’ascension sociale des groupes sociaux. Les ghettos de la zone II ne sont qu’une étape vers une autre auréole, plus éloignée du centre ; les immigrés qui sont plus aisés (ou de la 2ème génération) peuvent quitter leur ghetto et s’y installer. Se dessinent alors deux types de quartiers : ceux qui sont pauvres, « désordonné » et peuplé par les immigrants de la première génération et ceux qui sont vraiment « urbanisés » qui reçoivent des populations qui se sont élevées dans l’échelle sociale.
Il se produit une ascension sociale qui entraîne un déplacement d’un quartier à l’autre suivant un schéma par zones concentriques. Les communautés se transforment sans-cesse car les familles déménagent dès qu’elles le peuvent. Il y a donc un modèle d’itinéraire marquant cette ascension sociale : spécialisation professionnelle (d’où revenu plus élevé) et nouvel habitat vont de pair.
Comme en écologie végétale une catégorie sociale parvient à changer de situation, à s’imposer, à dominer en passant par les différentes zones avant d’atteindre les emplacements les plus agréables et les mieux placés.


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Kalyan



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MessageSujet: suite   Ven 26 Jan - 18:48



6.1.2.2 Les remaniements du modèle
Dans le modèle sectoriel de H. Hoyt (1939), la rente fournie par le sol joue un rôle important. Les catégories sociales ont une importance déterminante et s’installent sur les terrains les plus agréables. L’évolution de la ville ne s’effectue pas en cercles réguliers mais en arcs de cercles ou secteurs car les axes routiers et le lac Michigan suscitent une déformation. Cette théorie des secteurs repose sur le principe des externalités positives (regroupement des classes aisées dans certains lieux) ou négatives (concentration des pauvres dans d’autres). Ce modèle peut s’appliquer à certaines zones rurales et permet d’expliquer une croissance en étoile.
Avec le modèle polynucléaire de Harris et Ullmann (1945), la répartition de la population s’explique par des noyaux de croissance multiples. Ces différents centres peuvent avoir des origines différentes, historiques, commerciales, industrielles.



6.1.2.3 En France : une « traduction » tardive
En 1963, Chombart de Lauwe explique la nature de ces auréoles et le processus de la spécialisation des quartiers : « Du point de vue écologique, nous constatons qu’à la structure fonctionnelle en zones concentriques autour du noyau central des affaires, qui s’explique par les phases du développement historique, se superpose une deuxième structure en secteurs sociaux correspondant à des tendances ségrégatives par niveaux de vie et groupes ethniques. » La ville exprime des rapports de force.

6.3.1 Les prix fonciers, un instrument de sélection
Ils déterminent une sélection des habitants, des fonctions et déterminent la nature des paysages.

6.3.1.2
Le problème du prix du sol est plus complexe en ville que dans le monde rural. La « nouvelle économie urbaine » utilise les principes de la théorie micro-économique, c'est-à-dire qu’elle se place au niveau de l’individu et prend en compte son revenu et les frais de transport qu’il peut accepter. La valeur du terrain se détermine donc par un couple utilité-rareté.

6.3.2.1 La multiplication des centres
La croissance rapide des agglomérations urbaines a modifié le rôle de l’ancien centre historique. Dans les années 60, on pouvait encore appliquer un schéma simple opposant les banlieues résidentielles (les périphéries) et le centre, lieu du travail. Les migrations pendulaires sont encore largement valables. Mais les pôles se sont multipliés et les prix du sol et du logement dépendent de cette nouvelle répartition. La distance entre le domicile et l’école ou la grande surface importe plus que la distance au cœur de la grande ville. Le temps d’accès aux stations de transport est aussi déterminant.
Les agglomérations modernes sont éclatées.



Sophie Bouly de Lerdain, étudiant le quartier de Château-Rouge, dans le XVIIIème arrondissement, constate le caractère cosmopolite : on y compte, à la fin des années 90, 34 ethnies et près de 42% de population d’origine étrangère. Ce quartier essentiellement commerçant est très animé, et les prix des immeubles, relativement faibles pour Paris, ont recommencé à monter compte tenu de l’installation de jeunes ménages de classes moyennes.
« L’image d’un régime capitaliste dans lequel la propriété du sol serait exclusivement privée est caricaturale. » (Y.M. Danan) . Il existe une propriété publique et les règles d’urbanisme, la planification,… influent sur les cours du marché.

6.3.2.2 Des écarts de prix considérables
On n’achète pas uniquement d’une façon rationnelle : c’est l’occasion pour un consommateur de montrer son importance et sa supériorité ou de suivre la mode.
Les écarts, souvent considérables, entraînent une sélection à la fois sociale et fonctionnelle.

6.3.2.3 Les prix dans une ville mondiale : Paris
Ecarts spectaculaires entre les vingt arrondissements. Avenue Foch des prix de 25000 à 40000 francs le m² sont courants. Mais au sein d’un même quartier, on retrouve une très grande diversité liée à de nombreux facteurs : étage, bruit, situation,…
L’opposition très ancienne est-ouest est aujourd’hui plus nuancée mais subsiste toujours. Il faut y ajouter un contraste entre les quartiers du centre (du Ier au VI-VIIème arr.) et ceux que l’on peut appeler « la périphérie du centre ». En effet, le contraste est particulièrement frappant entre les quartiers qui longent la Seine, de l’Ile de la Cité jusqu’à la Tour Eiffel, et qui constituent le cœur historique de la capitale.
Dès que la proportion de bureaux devient trop importante le quartier est moins recherché par ceux qui veulent se loger.
C’est dans le nord ou nord-est que l’on trouve des prix assez faibles. Dans le quartier de la Chapelle (XVIIIème arr.), les prix sont très fréquemment de 7000 francs le m² et certains îlots dégradés ne trouvent plus preneur.
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Kalyan



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MessageSujet: suite   Ven 26 Jan - 18:54



La spéculation foncière est plus ou moins déterminante selon les époques.



Le schéma classique entre centre et périphéries est toujours valable. Mais le prix du sol n’est qu’un élément de l’organisation urbaine actuelle : la notion de « quartier » garde tout son sens, malgré l’étalement des villes et la « floculation », c'est-à-dire la multiplication des noyaux situés à la périphérie et enclavés dans des zones rurales. Il faut donc distinguer une zonation dans laquelle s’intègrent les quartiers en fonction de leur position par rapport au centre historique (le schéma est surtout valable dans les grandes métropoles occidentales) :
-cité intra-muros (centre, périphérie de ce centre, anciennes banlieues maintenant incorporées à la ville)
-les banlieues plus récentes proches de la ville intra-muros.
-les couronnes plus lointaines que l’on doit appeler périurbaines, plus ou moins éloignées et au contact des zones rurales.

7.1.2 Des enclaves de pauvreté dans les centres.
L’extension croissante des banlieues en zone rurale, où la place ne manque pas, est souvent provoquée par l’exode des classes favorisées et des catégories moyennes. Aux Etats-Unis, la crise des centres est très précoce et lié au développement des banlieues. En Europe, le phénomène est plus tardif et moins marqué.
En Europe occidentale, l’ancienneté des civilisations a particulièrement développé ces quartiers composés de logements vétustes, dont l’aménagement ne commencera, dans le meilleur des cas, qu’après la Deuxième Guerre mondiale. Jusqu’aux années 70, ces quartiers du centre seront très peuplés et deviendront le refuge des catégories défavorisées.

7.1.2.1 Dégradation et paupérisation
Dans une première phase, surtout à partir de la révolution industrielle du XIXème siècle, les quartiers du centre à vocation résidentielle reçoivent de plus en plus d’habitants. La rareté des moyens de transport individuels, la localisation de beaucoup d’activités dans la ville intra-muros, permettent une grande concentration de la population.
Entourée de remparts ou de limites franches, la ville européenne, avant l’explosion des banlieues, connaît des densités très fortes, à l’origine de multiples problèmes.
Le Barrio Chino enclavé dans le quartier du Raval à Barcelone est un espace proche du port et fait partie de la vieille ville. Au XIXème, de familles riches y vivaient encore ;elles vont quitter progressivement le centre pour s’installer à l’extérieur. Au début du XXème siècle, cette vieille cité est composée de petites ruelles : près de 200 ont moins de 3 mètres de large. Dans les années 60, sur des espaces exigus, on totalise 117000 habitants ! Proche du port, il attire des immigrés, des clandestins, mais la population diminue inexorablement : à peine 30000 au début des années 90. Le logement bon marché sélectionne une population modeste ou pauvre : immigrants ou personnes âgées qui ne veulent pas quitter leur quartier. La dégradation des logements, à la fois cause et effet, constitue l’aspect le plus visible de cette paupérisation. Dans les années 80, environ 5% seulement des immeubles étaient postérieurs à 1940 ! La dégradation du quartier s’est accompagnée d’une prolifération des trafics dangereux comme la drogue.

7.1.2.2 Le retour de la centralité
En Europe, avec un décalage par rapport aux Etats-Unis et avec moins d’ampleur, la population intra-muros a régressé ou augmenté faiblement. En France, la plupart des villes de plus de 200000 habitants (10 villes) progressent, même si les communes périphériques éloignées reçoivent aussi beaucoup de citadins. L’exemple français n’est pas unique. Denise Pumain constate que cette reconquête, très générale, correspond à un « modèle urbain européen » qui provient d’un attachement aux centres historiques.
Les îlots de pauvreté sont nombreux dans les capitales européennes, mais des efforts de réhabilitation parviennent à rénover des zones dégradées et paupérisées.
Il est souvent difficile de réhabiliter un quartier car les habitants sont souvent attachés à leur lieu de vie. La municipalité de Barcelone a décidé de créer une « zone de réhabilitation intégrée » en assainissant les îlots vieillis du Barrio Chino depuis 1985.
Souvent la crise d’un quartier est directement liée à une crise des fonctions. A Marseille, grand port, comme Barcelone, les problèmes de rénovation sont liés à une crise du tertiaire. La dégradation de certains quartiers proches du centre-ville, de la Canebière, doit se replacer dans un contexte global. L’ancien système économique qui faisait fonctionner la ville reposait sur un centre tertiaire qui commandait le commerce internationale et des périphéries industrielles (Fos-sur-Mer). Entre 1980 et 1990, 10000 habitants par an ont quitté la ville. Les familles favorisées se sont dirigées vers le sud, vers le Prado et les Calanques de Cassis. La reconquête du centre ville, qui perd des emplois tertiaires au profit par exemple d’Aix-en-Provence, est donc une priorité, certains quartiers comme le Belsunce ont eu jusqu’à 45% de logements vides et les immigrants du Maghreb se sont depuis longtemps installés dans les quartiers dégradés du centre. Celui-ci abrite 12% de la population de Marseille, 29% des chômeurs, et deux fois plus d’étrangers que le reste de la ville. Dans le centre que l’on compare à une « banlieue-dortoir », de nombreux hommes seuls et des personnes âgées vivent. Il ne s’agit donc pas d’un simple problème architectural, il faut replacer cette crise spatiale dans un système global de développement de la ville. « Retrouver la centralité » est une question essentielle pour Marseille.
Le déclin des quartiers du centre provient également de la multiplicité des pôles commerciaux périphériques qui provoque un mouvement centrifuge des acheteurs. A Dunkerque, il faut ¾ d’heure en voiture pour aller à Lille et 30 minutes pour se rendre dans un complexe commercial périphérique (où se font 20% des achats en équipement de personne). L’agrandissement du centre est donc devenue nécessaire afin de le rendre plus attractif (décision en 1990, à cette époque le noyau urbain a encore la dimension d’un centre d’une ville de 40000 habitants). Les espaces libérés par les installations portuaires ont permis une opération d’urbanisme (baptisée Neptune) avec, par exemple, l’installation d’un centre commercial (tourisme-loisirs). D’autres activités vont également trouver leur place (restaurant universitaire).
En 1999, Marseille a fêté ses 2600 ans, mais cette longévité à l’époque de la mondialisation nécessite une « dynamisation » des lieux.
Comme l’indique P. George, le peuplement des Etats-Unis s’est réalisé en plusieurs phases « dont chacune a laissé comme dans les formations géologiques une couche distincte de population ». Contrairement à la fausse idée du melting pot, la ségrégation est souvent le modèle courant dans les villes de l’Amérique du Nord.

7.2 L’Amérique ou le « cercle vicieux des grandes agglomérations »
7.2.1 Une sorte de mosaïque dissonante
Il est impossible de comprendre la structure des villes américaines, en particulier des quartiers du centre, sans aborder cet « éclatement du melting pot « évoqué par le professeur Buster de Berkeley qui aboutit à une « mosaïque dissonante ». La ville de New York est l’exemple type de ce morcellement en groupes sociaux distincts.
Il ne faut pas confondre systématiquement ethnicité et pauvreté. Il n’en reste pas moins que les situations les plus inquiétantes coïncident avec des quartiers habités par des minorités proches du centre. 80% de la population noire et hispanique de Manhattan ne possède pas de voitures.

7.2.1.2 Le déclin de l’urbains : une réalité ancienne.
La dégradation de certains quartiers centraux n’est pas neuve en Amérique du Nord. Le processus amorcé au siècle dernier se poursuit jusque dans les 70. Depuis longtemps, en effet, des quartiers furent réservés aux émigrants. Dès 1682, par exemple, William Pen fonde Philadelphie, avec les Quackers, construisant une ville dont le plan est en damier, avec des ilôts géométriques. Pourtant très tôt, on édifie pour les émigrants des logements spéciaux avec un confort rudimentaire (les tenement houses). Très rapidement, ces quartiers deviendront des taudis. Toutefois, tout au long du XIXème, la tendance centripète l’emporte et ce sont les centres qui attirent car ils fournissent les emplois. Progressivement, surtout au XXème siècle et après la Seconde Guerre mondiale, les classes moyennes vont rechercher un logement plus agréable dans les banlieues. La tendance centrifuge va dominer pour ces catégories et la suburbanisation se généralise. Dans le noyau, le phénomène de « city » existe toujours, mais les autres quartiers du centre recueillent les minorités pauvres. Entre 1950 et 1973, la population des « villes centrales » (les villes intra-muros) stagne ; en revanche la frange urbaine se développe.


Dernière édition par le Sam 27 Jan - 23:50, édité 1 fois
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Tanya



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MessageSujet: Re: suite de la géographie urbaine de JP Paulet   Ven 26 Jan - 19:00

WOW Exclamation merci Very Happy
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Marine



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MessageSujet: Re: suite de la géographie urbaine de JP Paulet   Sam 27 Jan - 22:25

je suis Shocked cyclops Surprised study cheers

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Kalyan



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MessageSujet: suite   Sam 27 Jan - 23:53



Ce déclin et ce vieillissement des quartiers du centre sont liés à la crise de certaines industries et à l’exode des emplois à la périphérie. Les « friches urbaines » se développent, les municipalités manquent de ressources et la dégradation s’accélère. Les progrès de l’automobile vont minimiser les inconvénients de la distance et permettre à des catégories sociales, plus fortunées, de s’éloigner de la ville pour se loger. Dans les municipalités urbaines centrales (inner city), s’opère un double mouvement négatif : le départ des hommes et des activités comme à Chicago ou à New York. Il faut également replacer le sort des centres dans le cadre régional américain. Les difficultés des plus anciennes villes du NE s’opposent à l’essor de la Sunshine belt, de la Californie. Des cités comme LA, San Francisco, Dallas,… connaissent une croissance notable et traduisent le très inégal dynamisme des villes américaines.

7.2.2 La rénovation : des résultats très différents
Les centres ont incontestablement connu un renouveau mais il est encore trop tôt pour savoir s’il s’agit d’une tendance lourde et d’une évolution structurelle. Le dynamisme des CBD, les restaurations réussies, ne doivent pourtant pas cacher les limites de ces transformations.

7.2.2.1 Un processus de « gentryfication »
La restauration d’anciennes maisons bourgeoises est un élément attractif ; la proximité du CBD, d’un centre de qualité, peut également jouer un rôle. Par ailleurs, il peut s’agir de la réhabilitation de terrains abandonnés, s’ils sont bien placés : les rives de l’Hudson par exemple. Dans ces conditions, on doit distinguer une simple rénovation et un véritable réaménagement structurel d’un quartier entièrement reconstruit.
Etre sur la 57ème rue à New York est un signe de prospérité (tour LVMH). L’essor des commerces de luxe constitue un aspect de cette rénovation car elle rétablit l’image d’un quartier et favorise le retour des catégories favorisées, entraînant un accroissement des ressources fiscales et la formation de ce qu’on a pu appeler – le terme est peut-être excessif – des « ghettos de luxe ».



7.2.2.2 Le drame des populations non qualifiées
L’évolution des quartiers centraux ne peut se comprendre sans connaître les conditions du marché du travail. Le déclin démographique des centres correspond à une sélection liée à la stratégie des entreprises et aux possibilités d’emplois. La localisation des firmes reflète l’Amérique dynamique : la plupart du temps les techniciens, les travailleurs qualifiés ont quitté les quartiers urbains intra-muros.
Le centre garde donc les minorités qui ne peuvent s’adapter à la mobilité des conditions économiques. Il est, en effet, difficile de se loger près des sources de travail si les revenus ne sont pas suffisants. Aussi, les entreprises recherchent une main-d'œuvre qualifiée, la proximité de foyers de consommation, des infrastructures (scolaires, services, etc) de qualité, un système route et des voies de communication denses. La qualité de la vie joue également un rôle essentiel car elle offre deux avantages : les travailleurs qualifiés viennent plus volontiers et l’image positive de la ville devient un facteur attractif.

7.2.2.3 Des reconversions inégales
Le destin des centres n’est, en définitive, que la conséquence des crises de reconversions qui ont touchées, à un moment ou un autre, tous les pays industriels. Ces zones, à la recherche de nouvelles activités, connaissent des évolutions très différentes. L’aide de l’Etat, courante en Europe, est un atout précieux. Inversement, une zone en crise peut être abandonnée aux lois du marché.

A Pittsburgh, la crise de l’acier et de la sidérurgie a entraîné la fermeture de toutes les grandes usines. Entre 1979 et 1983, le taux de chômage est passé de 6% à 15%. A la fin des 70, la ville est une cité sinistrée et cette situation se reflète particulièrement dans le centre-ville ; celui-ci, à l’époque de la prospérité, était si enfumé, que l’on devait allumer les lampadaires en plein jour.
La reconstruction s’est faite dans des conditions rares aux Etats-Unis. L’Allegheny Conference, organisation privée à but non lucratif, va revitaliser le centre-ville. Dès la fin des 70, l’association met en route un programme de développement baptisé renaissance II ; les objectifs : créer des bureaux, des moyens de transport. L’université est sollicitée pour ranimer le centre : elle est aujourd’hui au cœur de la cité. Entre 1978 et 1987, 100 000 emplois nouveaux sont créés et la nature de ces nouvelles activités est très significative : éducation, recherches, industries de pointe,…
La rénovation a ses revers : le chômage a diminué parce que les chômeurs sont partis ailleurs ! De plus les tensions entre les différentes communautés sont vives. La population noire (25%) est très touchée par le chômage et ne profite guère de cette « renaissance ».

Avec ses rues tortueuses, sa citadelle, son couvent des Ursulines, son Hôtel-Dieu, Québec conserve les traces de son origine française.
Dans ce cadre général, l’évolution d’un quartier de la « Basse Ville » pose le problème de la revitalisation de l’ancien centre de Québec. Il est situé entre la rivière Saint-Charles et l’escarpement menant à la haute ville comprenant les jardins de Saint-Roch.
Dans les 50, ce quartier était pourtant très animé et concentrait 60% de commerce de détail de l’est de la ville de Québec. Dans les 60, le développement des centres commerciaux des périphéries va bouleverser cette situation : « la banlieue siphonne le tiers des quelque 10000 habitants qui laissent derrière eux les plus démunis. Depuis Saint-Roch doré est devenu Saint-Roch paumé » (Danielle Stanton).
Repeupler devient nécessaire mais l’image de ces rues est très mauvaise : prostitution, insécurité, etc. A partir de 1993, des crédits importants sont consacrés au jardin Saint-Roch et des organismes viennent se réinstaller dans la Basse Ville (enseignement, information). Ce retour d’un certain nombre d’activités est pourtant très lent car la réputation de Saint Roch ne s’améliore pas. En l’an 2000, 180 millions de $ avaient ainsi été consacrés à ces innovations mais le taux d’occupation des immeubles n’était encore que de 42% en 1998. De jeunes couples osent revenir, mais il est difficile pour rénover d’élever les loyers en chassant les plus pauvres.

7.3 Dans le « Sud », la pauvreté façonne la ville
Les villes du « Sud » présentent les caractères suivants :
-importance d’un habitat précaire qui s’étend d’une façon désordonnée et illégale ;
-absence dramatique d’équipements élémentaires ;
-contraste sociaux, ethniques, ou raciaux très marqués ;
-chômage important.

7.3.1 Le mal-développement urbain
Faiblesse du revenu moyen par habitant est un trait caractéristique malgré le fragmentation urbaine.

7.3.1.1 Un sous-équipement dramatique
Le niveau de vie moyen des habitants est si bas que l’accès au logement est un problème souvent insoluble ; de plus, les ressources des municipalités ne parviennent pas à couvrir les frais d’équipements élémentaires des villes : eau potable, assainissement, accès à l’électricité, voies de circulation, sans compter l’accès aux soins ou à l’éducation.
A Abidjan, on compte 4000km de voirie dont 450 bitumés seulement.
En Zambie seulement 28% des habitations sont desservis par l’électricité.
Dans les villes des Tiers Mondes, les équipements sont souvent privés et s’intègrent dans des marchés spéculatifs considérables. L’aménagement planifié, concerté, cède la place à un développement chaotique. L’occupation souvent illégale des terrains (seules les classes moyennes ou riches ont accès à un marché légal) entraîne inévitablement une absence d’équipements.

7.3.1.2 La fragmentation urbaine
Il y a plusieurs types de quartiers dans la ville intra-muros :
- les plus favorisés, réservés aux catégories riches qui peuvent s’éloigner du centre en fonction de la beauté du site. Au Caire, par exemple, on trouve de beaux immeubles réservés aux fonctionnaires, aux cadres, aux industriels comme Garden City, Heliopolis, véritables enclaves presque entièrement privées à la manière de certains quartiers américains.
- Les classes moyennes trop peu représentées dans le Sud, habitent souvent des immeubles, c'est-à-dire des appartements : « Grand Dakar ». A Sao Paulo, il n’existe pas de coordination publique ; ce qui a entraîné une urbanisation anarchique.
- Les quartiers populaires sont fractionnés à l’extrême et dispersés depuis le centre jusqu’aux périphéries lointaines. En Asie ou en Amérique du Sud, le fractionnement ethnique est moins élevé qu’en Afrique. A Sao Paulo, le processus de paupérisation va revêtir plusieurs formes. Des immeubles sont morcelés de façon à entasser le plus de monde possible. Des familles entières logent dans une seule pièce souvent sans fenêtre. Le squat est une autre forme d’installation dans des immeubles inoccupés. Il y a donc pour une municipalité ce qui est illégal accepté face à la pression des pauvres. En Amérique latine, les favelas désignent à l’origine un habitat spontané intra-urbain ou suburbain en constructions légères.

A Sao Paulo, la mairie copiant une réalisation de Singapour a construit de grands immeubles sur les zones de favelas. Les habitants se voient proposer un bail équivalent à la moitié du salaire minimal par mois. Cette réalisation, nommée Cingapura, abrite 700 familles dans 17 immeubles en bordure d’une avenue proche de la gare routière du Tiête. Le plus souvent lorsque ces relogements existent sont à la périphérie. Le modèle général est donc plutôt l’exode des pauvres à la périphérie.
Cette évolution se produit toujours en plusieurs phases :
- une zone de constructions illégales se crée ;
- les équipements s’y installent très lentement et la densité de la population est maximum. Ces espaces sont intégrés officiellement et légalisés ;
- Et peut-être : les nouveaux bidonvilles sont obligés de s’installer plus loin encore en entourant des noyaux commerciaux ou des quartiers résidentiels.

7.3.2 Des centralités mouvantes
Dans le cas de la ville égyptienne, on observe une « atomisation » des centres dans un contexte de désengagement de l’Etat ; en revanche Shanghai, avec son « socialisme de marché » restructure le centre de manière autoritaire, afin d’adapter celui-ci aux nouvelles conditions.
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Kalyan



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MessageSujet: suite   Sam 27 Jan - 23:57

7.3.2.1 Le Caire ou la migration des centres



La limite ville-campagne est particulièrement floue car tout le delta est composé d’une foule de noyaux urbains. Les deux effets pervers habituels d’une extension démesurée (35km E-O ; 46km N-S) se produisent : crise du logement et sous-équipement dramatique (malgré les efforts souvent remarquables comme l’amélioration de la circulation avec viaducs et autoroutes). L’assainissement pose des problèmes complexes car il est difficile de couvrir tous les quartiers nouveaux ou anciens qui n’ont pas l’eau courante ni l’électricité. L’Etat qui se désengage a laissé à des concessionnaires le soin de s’occuper des problèmes de logement et les inégalités se sont accrues.

Dans la ville islamique, la plupart du temps, on assiste à une sorte de marginalisation du noyau historique qui finit par constituer un lieu de sous-habitat participant de moins en moins à la vie urbaine parce que ses structures se trouvent affaiblies par rapport à la puissance, aux moyens techniques et financiers de la ville moderne. Plus rarement, lorsque la ville a fait l’objet d’une croissance périphérique, par exemple, on peut constater une assimilation du noyau traditionnel, mais les poussées spéculatives entament son intégrité… Quoi qu’il en soit, les problèmes sont toujours importants car on assiste à une altération des tissus, un surpeuplement, une dégradation économique, une déstructuration sociale et surtout à une détérioration culturelle dommageable et pénalisante.
Les noyaux traditionnels n’ont que deux atouts : intérêt architectural et survivance de vocations spécifiques (souk, bazar, artisanat).

7.3.2.2 « Shanghai est informe, sans limite, sans fin » (P. Frederix)
7.3.2.2.1 Le surpeuplement et la vétusté
La densité est l’une des premières du monde, mais coïncide avec un vieillissement dramatique du parc urbain et une insuffisance des équipements élémentaires. Il densité dans la vieille ville est plus grande encore, d’autant qu’il existe une population mobile qui se monte, en l’an 2000, à 3 ou 4 millions de personnes. La surface habitable par personne est très réduite. La principale cause de déséquilibre provient de la trop grande concentration des industries au cœur de la ville, mêlant résidences et usines sur de pts espaces. La plupart des entreprises sont en effet focalisées dans les vieux arrondissements très peuplés.
On comprend que les conditions de développement d’un CBD soient aussi mauvaises ; le tertiaire, plus adapté au centre-ville, est encore peu représenté (secondaire : 64,5% contre 17% à New York).
En économie de marché, même en tenant compte des diverses contraintes qui pèsent sur le prix des terrains, la plus-value foncière entraîne une sélection des activités. La rentabilité rejette à la périphérie les entreprises moins rentables – ou qui exigent de la place. En revanche, le centre-ville, aux terrains coûteux, va recevoir des fonctions de haut niveau, plus rentables. Or en Chine, c’est le plan qui gère l’organisation spatiale. Comme le souligne Liu Ta, « la rente foncière des terrains urbains n’étaient pas intégrée dans les coûts de production ». En fait, le facteur principal de la dégradation du centre à Shanghai réside dans ce système foncier. La rénovation actuelle très avancée est cependant délicate afin d’éviter la spéculation. Elle repose sur des taxes foncières, le développement du tertiaire ou les investissements étrangers.

7.3.2.2.2 Le déménagement des habitants
Les habitants du centre-ville sont relégués à la périphérie car on détruit pour reconstruire, pour agrandir une avenue, tracer une autoroute, installer des bureaux. De toute façon, les anciens habitants, ne sont pas relogés dans ces nouveaux quartiers car ils deviennent trop chers. Ainsi entre 1992 et 1995, 250 000 personnes sont parties du centre vers les lointaines banlieues. Les habitants du quartier sont dispersés mais trouvent de meilleures conditions de logement (dans le centre, les familles s’entassent dans des pièces exiguës). L’attribution en banlieue d’un appartement est fonction de la taille de la famille mais les équipements sont en général modernes. Pour l’ensemble de la ville, en 1985, chaque personne disposait en moyenne de 5,4m² ; en 1995, la valeur est de 8m². Les habitants habitent le quartier depuis très longtemps et l’éloignement pose des problèmes de transport et de lieu de w. Ces banlieues lointaines ressemblent aux banlieues françaises édifiées après la guerre avec les grands immeubles géométriques. L’éloignement remet en cause le travail des habitants, le déménagement nécessite une reconversion difficile, voire impossible.
L’exemple de Shanghai montre qu’une « orientation trop exclusivement industrielle » a pu « défigurer » et « asphyxier » le tissu urbain (T. San Juan, 1996). De plus, l’étude des quartiers centraux ne peut pas être séparée, compte tenu de l’imbrication des systèmes spatiaux, de l’évolution de toute agglomération.

8. De la banlieue à la périurbanisation
L’expansion des zones périurbaines entraîne une mobilité croissante des habitants, même si des centres secondaires se multiplient dans les périphéries.

8.1 La ville se densifie, la ville s’étale
Après les 60, les villes gonflées par la croissance démographique vont croître bien au-delà des banlieues. Le besoin d’espace, les effets pervers provoqués par la circulation urbaine, aboutissent à une autre phase de l’extension : les villes vont « s’étaler » très largement se mêlant aux zones rurales.

8.1.1 Un tissu urbain de plus en plus discontinu
8.1.1.1 La banlieue : des quartiers proches
La déconcentration du noyau urbain s’opère pour deux raisons principales : la première est le surpeuplement et le vieillissement des centres ; la seconde réside dans la localisation des industries, au XIXème et dans la première moitié du XXème à la périphérie des villes. La population ouvrière va suivre cette évolution, cherchant à se rapprocher des usines (c’est pourquoi on a parlé dès la fin du XIXème à Paris de « banlieue rouge » pour qualifier ces quartiers populaires).

8.1.1.2 Des couronnes périurbaines anarchiques
Avant la Seconde Guerre mondiale on oppose trois types de localisation des industries :
- les centres rassemblant les activités traditionnelles, l’artisanat ou les industries de luxe pour les grandes cités, de l’habillement à l’ébénisterie. ;
- l’essor de la grande industrie, à la fin du XIXème, entraîne la formation d’une première couronne suburbaine qui s’étend de manière spontanée et désordonnée mêlant usine et habitat ouvrier pavillonnaire ;
- cette progression périurbaine doit tenir compte des exigences de chaque activité : besoins en eau, proximité des rivières ou des voies de communication.

Depuis la dernière guerre, la rapide transformation des produits, des techniques, liée à une forte progression de la population des villes, bouleversent les conditions du développement. Les industries chimiques, sidérurgiques, lourdes en général, vont chercher d’autres sites. D’une part la circulation, les nuisances gênantes provoquent le départ des entreprises vers des lieux plus éloignés. D’autre part, la désindustrialisation, dans les pays développés, correspond à la diminution de la population ouvrière au profit des services. Il se produit donc, surtout après les 50, une périurbanisation plus lointaine encore avec une mutation fonctionnelle. Les centres perdent de nombreuses activités industrielles après rénovation et les entreprises recherchent désormais des sites adaptés aux impératifs de la mondialisation.
La plupart des politiques d’aménagement dans de nombreux pays contribuent à faire partir les industries encombrantes dans les banlieues lointaines. Les villes vont offrir des « zones industrielles », c'est-à-dire des espaces équipés (eaux, voiries, etc.), des terrains moins coûteux échappant à la spéculation. Les technopole, souvent éloignées des villes elles-mêmes (comme Sophia-Antipolis à l’écart de Cannes et de Nice), ont pour but des activités de haute technologie, des centres de recherche, des universités, des organismes financiers en un même lieu : ce sont des parcs technologiques.
Le plus souvent, la banlieue devient multifonctionnelle en mêlant habitat, travail, commerces, loisirs. Toutefois, les zones périurbaines renferment toujours des espaces ruraux et des friches.

8.1.2 Des générations de formes
Aujourd’hui la morphologie de l’habitat urbain revêt des formes multiples : des générations de construction se mêlent en fonction des influences architecturales qui traduisent des façon de vivre.

8.1.2.1 Les constructions basses : de la villa aux bidonvilles
Le besoin d’espace, de nature, de liberté face aux contraintes de la ville. Le désir de posséder une « maison avec jardin » est devenu un rêve partagé par la majorité des personnes. Les constructions pavillonnaires furent la base du développement des banlieues aux Etats-Unis (deux tiers environ du parc immobilier américain sont des maisons individuelles).
Les progrès de la fabrication liés à l’automation et à la standardisation vont entraîner la construction de maisons « industrielles ». Il y a un abaissement du prix de construction. L’élévation des niveaux de vie permet d’accroître le nombre de propriétaires de pavillons, tout en profitant de la plus grande rapidité de fabrication.
Dès le XIXème siècle, les banlieues ou les cités ouvrières se sont développées sous la forme pavillonnaire. L’exemple des Corons du Nord, souvent rénovés dans les 20, est bien connu ; on regroupait ainsi, près d’un petit centre, les familles. Le même principe se retrouve en Grande-Bretagne près de Birmingham ou dans toutes les cités ouvrières issues des révolutions industrielles.
Les prix qui sont aussi le reflet du site et de la position sélectionnent un type d’habitat : les bidonvilles sont relégués sur les terrains les plus malcommodes et les plus éloignés.
Passer d’un type de logement à un autre peut être considéré comme une promotion sociale : il peut s’agir de paysans misérables chassés de la campagne.
Habiter « un bidonville n’est gratuit pour personne : il y existe un marché immobilier de location et de vente ». Aussi même si le chômage est le plus répandu, « bien des habitants des bidonvilles ont une occupation régulière et ne sauraient être assimilés à des mendiants, mais leur rémunération leur interdit tout autre type de logement » (Bernard Bret, 1995) Le nombre de personnes vivant dans ces conditions est considérable : 1/3 de la population de Recife vit dans les Mocambos.
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Kalyan



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MessageSujet: Re: suite de la géographie urbaine de JP Paulet   Sam 27 Jan - 23:59

8.1.2.2 Du gratte-ciel aux grands ensembles
Dans tous les cas, les constructions verticales se sont développées pour plusieurs raisons :
- le progrès technique dès le fin du XIXème élabore des matériaux nouveaux qui permettent à la verticalité de s’imposer. Le béton armé en particulier incorpore des tiges d’acier de façon à capter les efforts de tension. La maçonnerie traditionnelle a cédé la place à d’autres modes de construction. L’invention, dès 1853, de l’ascenseur (Elisha Graves Otis) permet de monter dans ces gigantesques constructions.
- L’essor de la verticalité est également lié à la cherté des sols urbains et à la volonté de minimiser les coûts en logeant des habitants en étages superposés. Le principe des HLM, dès les 50, repose sur ce principe d’économie. Toutefois, cet impératif majeur n’est pas suffisant pour expliquer, surtout à la périphérie des grandes villes, le développement des grands blocs d’immeubles. Effet de mode.

En fait, au-delà des concepts purement architecturaux, se dégage l’idée que les habitants vont préférer l’immeuble collectif bien équipé aux maisons individuelles trop coûteuses. Le Corbusier, architecte, mais surtout urbaniste, à la même époque, développe deux thèmes principaux : l’inutilité de la rue dans les quartiers modernes où doivent dominer les espaces verts et les constructions en hauteur.
La conséquence la plus redoutable est la position de ces grands ensembles rejetés en périphérie et formant des îlots à l’écart des organismes anciens. La Grande Borne, construite entre 1969 et 1972, compte 4800 logements : le village ancien de Grigny, sur la même commune, n’a que 2900 habitants en 1968 ! Les grands ensembles seront souvent à l’écart des quartiers plus équipés et une sélection sociale va inévitablement se produire.

8.2 L’étalement : une perte d’identité
8.2.1 La crise des espaces périurbains
82.1.1 Eloignement ou ignorance mutuelle ?
La dissociation logement-lieu de travail n’est pas un fait nouveau. La localisation des usines à la périphérie a provoqué, dès la fin du XIXème, des migrations alternantes importantes. Ces déplacements traduisent une mobilité complexe, voire des mouvements browniens : en effet, l’installation des services, de grandes surfaces, provoquent des alternatives à la centralité.
En 1990, dans l’ensemble des aires urbaines françaises, 50% des emplois localisés à l’intérieur des villes-centres sont occupés par des actifs résidant à l’extérieur de celles-ci. En revanche, presque 70% des emplois des banlieues des pôles urbains français sont occupés par des habitants des banlieues. 85% des logements dans des zones périurbaines sont individuels, mais supposent des moyens de transport (voitures) : ce qui entraîne des frais élevés.
Le champ urbain d’un citadin, c'est-à-dire ses possibilités de choix, est plus ou moins vaste selon ses ressources financières : un ménage qui dispose de revenus suffisants a la possibilité de s’éloigner des grands ensembles pour vivre dans des résidences pavillonnaires agréables. En revanche, les personnes plus démunies auront un champ urbain réduit, en logeant très loin avec des moyens de transports malcommodes ou plus près dans des immeubles collectifs des zones « sensibles » : on peut parler dans ce cas d’habitants « captifs ».
« Cette situation très préoccupante [celle des grands ensembles périurbains] résulte d’une politique du logement qui a sous-estimé la « qualité » pour répondre à la pénurie observée jusqu’à la fin des Trente Glorieuses. De ce fait, pour des raisons financières, les grands ensembles ont, trop souvent, été implantés aux abords des villes, aux confins du monde urbain et du monde rural. Les exemples des Mureaux ou de Mantes-la-Jolie montrent clairement que des populations parmi les plus menacées par l’exclusion ont été progressivement « reléguées » aux abords des surfaces qu’il faut bien qualifier de no man’s land agricoles, peu propices aux échanges culturels et aux développements de la vie sociale. En ce sens, bien des quartiers en difficulté sont doublement exclus. La ville les rejette à la périphérie, tandis que la campagne ou plutôt ce qu’il en reste au vue de la monotonie des cultures céréalières – souvent les seules possibles à la proximité des villes – ne les accueille pas ou les ignore […]. La conjonction de l’exclusion sociale et de l’exclusion spatiale se traduit par des tensions humaines, urbanistiques et environnementales » (La gestion des espaces périurbains, rapport d’information sous la direction du sénateur G. Larcher, 1997-1998).

8.2.1.2 Un éloignement surtout culturel
Le fossé qui sépare les habitants d’une cité n’est pas seulement du à l’éloignement kilométrique mais à un fossé culturel, symbolique et mental. En France, des enquêtes montrent que dans de nombreuses grandes agglomérations, les habitants de certains grands ensembles (la majorité) ne vont que très rarement dans le centre-ville. Un colloque, en 1996 montre que 40% des jeunes gens des zones dites « sensibles » de l’agglomération nantaise ne vont jamais ni dans le centre-ville, ni dans la campagne. Dans les ZUS, deux habitants sur trois logent dans des HLM.
Depuis 1990, les statistiques demeurent relativement stables, en indiquant toujours des forts taux de chômage, de nombreux jeunes gens sans qualification ainsi qu’une forte proportion de population d’origine étrangère (le double de la moyenne des agglomérations).
Nice, ville touristique, recèle aussi ce genre de quartiers. L’extension de l’agglomération, dans les vallées perpendiculaires au littoral, a été très sélective. Les quartiers défavorisés ont été relégués vers l’intérieur, dans des sites éloignés et malcommodes, près des infrastructures de l’autoroute qui conduit à l’Italie (quartier de l’Ariane).
Les immigrés se sont installés à la périphérie, mais soit dans de vieux villages, soit dans des habitations fournies par des entreprises dans des régions industrielles. A Bruxelles, les logements sociaux périphériques sont également rares ; la population défavorisée, les immigrés surtout se localise autour du CBD. A Londres, on observe une organisation radioconcentrique également différente ; le centre de la ville se « gentrifie », et les populations les plus modestes, les étrangers (les personnes nées dans le « nouveau Commonwealth » ou leurs parents), habitent surtout la première couronne, alors que les zones éloignées, périurbaine, sont occupées par des catégories aisés. De fortes concentrations d’immigrés se localisent aussi dans des villages du Great London avec des caractères ethniques marqués comme à Lambeth.

8.2.2.2 Logique du prince, logique du marchand
En France, l’habitat en immeuble collectif offre une densité moyenne de 100 personnes à l’hectare pour 15 dans le système pavillonnaire.
Jean Haentjenst (directeur d’Ecopolis) a bien résumé la double logique qui préside à la croissance urbaine. D’une façon imagée, il met en présence le prince et le marchand. Le premier représente l’ordre, la sécurité, la murailles (les infrastructures) et administre sur le long terme. Ce pouvoir du prince est lié à un lieu ; il est culturellement sédentaire. Le second accepte de payer son installation dans le lieu du prince, mais il déménage si cela devint trop cher ou malcommode : il est culturellement nomade et ne vit que par les flux et la mobilité. Sa stratégie repose sur le court terme.
L’environnement est vécu de façon sélective, individuelle et le paysage est « un interface entre espace subjectif et espace objectif » (M. Collot, 1986).

9.1.1.2 Une représentation schématique et lacunaire
L’environnement est jugé en fonction d’une activité, d’un déplacement. La voiture introduit une nouvelle façon de voir la ville et modifie notre relation avec l’habitation.
Les observateurs sont divers, les agglomérations différentes, mais toutes les études menées montrent que, dans la plupart des cas, les habitants d’une cité mémorisent des lieux fondamentaux. D. Lynch en a déterminé cinq types principaux :
- les chemins qui jouent un rôle capital, permettent d’unir les différents lieux que l’on connaît. Les citadins retiennent évidemment ceux dont ils se servent.
- Les ruptures, c'est-à-dire les discontinuités : ces barrières peuvent être mentales, culturelles ou physiques, comme une voie ferrée ou une route. Ces limites ont une très grande importance et sont toujours perçues, mémorisées.
- Les points de références sont des lieux très visibles : églises,… très utile pour l’orientation.
- Les nœuds constituent des carrefours de toutes sortes où se localisent des arrivées et des départs de flux : gares, aéroports,…
- Les districts, sont des quartiers assez vastes pour être mémorisés : ils présentent des caractères homogènes (pauvreté, richesse, activité,…).
Une question fondamentale se pose : que doit posséder un environnement pour plaire ? En 1973, S. Kaplan émet l’hypothèse qu’un paysage satisfaisant répond à trois besoins fondamentaux des êtres humains :
- ce qui nous entoure doit avoir un sens ; l’homme veut comprendre : c’est le contraire du labyrinthe ;
- l’environnement doit proposer de la nouveauté et stimuler. La monotonie est facteur d’ennui. Un certain mystère crée une impression stimulante ;
- enfin un individu est libre s’il a le choix : il faut qu’il puisse changer de direction et ne pas être prisonnier d’une seule solution : c’est le concept de liberté.


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MessageSujet: suite   Dim 28 Jan - 0:00

11 La ville « source d’anxiété »
Quels sont les rapports entre des citadins profondément habitués aux équipements urbains et des espaces ruraux qu’ils idéalisent ? Le stress engendré par la grande ville provoque des « envies de nature » souvent complexes. En revanche, les pays en voie de développement possèdent des campagnes très pauvres ; la représentation de la ville est différente, compte tenu de la misère des campagnes des Tiers Mondes. En Afrique les associations villageoises des villes conservent des liens étroits avec la campagne. Elles ne sont en fait « qu’une transposition de la vie communautaire villageoise dans la cité urbaine » (C. Mayoukou, 1994).

La force d’attraction de la ville dans les pays pauvres
Il ressort systématiquement des différentes enquêtes conduites auprès des ménages que les revenus sont toujours plus élevés en ville et que les écarts sont davantage marqués dans les PED. Même chez les populations urbaines démunies, les réponses indiquent presque toujours une amélioration de leur sort par rapport à ce qu’ils avaient connu à la campagne.

11.1.1 La vieille image de Metropolis
Le problème fondamental des habitants est l’adaptation des habitants à la masse d’information qu’il faut trier sans cesse. Les individus ont en effet une capacité d’attention très limitée et doivent opérer des choix : ceux-ci sont souvent inadaptés. Il se produit ce que l’on appelle une tunellisation de l’attention qui se focalise sur un seul élément du paysage.

11.1.2.2 La ville face à ses déchets
Dans les mégapoles des PED, l’eau irrigue surtout certains quartiers favorisés. Ceux qui sont périphériques – ou pauvres – ne disposent pas de l’eau courante et doivent stocker le liquide. L’épuration est inexistante ou insuffisante. Parfois comme à Kinshasa la nappe phréatique est polluée… Dans ces conditions, on comprend que l’accès à l’eau, sa qualité, sont fonctions du développement du pays et des caractères sociaux du quartier.

12 Un mal-développement
Jusqu’à la crise mondiale de 1929, le développement des villes obéissait aux lois du marché et il n’y avait pas véritablement d’aménagement urbain.
Les urbanistes se contentent de traduire sur le sol la synthèse des choix effectués par les élus. Durant la Seconde Guerre mondiale, les destructions de très nombreuses villes, de quartiers parfois entiers, ont entraîné des reconstructions et donné naissance à des constructions nouvelles. Parallèlement à la reconstruction, la croissance démographique, l’extension de l’urbanisation, le vieillissement du parc immobilier exigent des mesures rapides. La crise des centres, la multiplication des îlots de taudis, les rues étroites inadaptées à la circulation des automobiles et l’absence de plan d’ensemble constituent des héritages encombrants.
En France, il faudra attendre 1945 pour voir apparaître les permis de construire. Dans le Tiers Monde, une extension anarchique va longtemps subsister.

12.1.1.1 Des besoins nouveaux en matière de logement
Le progrès technique (électricité, gaz, eau potable, tout-à-l’égout, téléphone,…) a accentué les oppositions entre les logements pouvant disposer de ces améliorations et ceux qui en étaient démunis.
Dans les Tiers Monde, l’urbanisation connaît une évolution très contrastée, mas globalement les 50 sont le début d’un essor rapide (Lagos n’a que 4000 habitants en 1901 et 126 000 en 1931). Même le grand Sao Paulo, en 1920, n’atteint pas 800 000 personnes.
Les besoins en logement liés au vieillissement des parcs immobiliers avant et pendant la guerre provoquent une pénurie dramatique. Aux Etats-Unis et dans les nations qui n’ont pas subi la guerre sur leur propre sol, le problème est différent même si le phénomène est mondial.
Ces destructions parfois totales vont entraîner une réflexion sur le futur urbanisme : comment reconstruire ces fragments de ville totalement détruits.
Trois impératifs s’imposent à la plupart des nations : tout d’abord, il faut restaurer les centres historiques des villes ; même si ceux-ci n’ont pas été touché par la guerre, on prend conscience du vieillissement des bâtiments qu’il faut souvent entièrement reconstruire. Ce fut le cas à Varsovie où l’on s’est inspiré des travaux de Canaletto, peintre et graveur italien du XVIIIème siècle pour rebâtir la vieille ville.
Le deuxième impératif concerne la reconstruction des quartiers démolis et pose également le problème du logement dans les villes qui grandissent très rapidement. En France, la commission de la Construction au plan évalue, au début des 60, les besoins à 111 657 000 logements : ce qui signifie qu’il va falloir construire plus rapidement que prévu. Le troisième problème, plus nouveau encore, est l’extension des banlieues ; obligeant les autorités à réfléchir sur le logement des périphéries.

12.1.2.1 Les nations développées : la diversité des solutions libérales
On ne peut parler du libéralisme au singulier. Toutefois, pour simplifier, il faut opposer un libéralisme faisant appel à l’initiative individuelle et les régimes collectivistes fondés sur les plans et le socialisme. Le modèle américain très spécifique est profondément différent des nombreuses expériences libérales « mixtes » utilisant la plannification et l’aménagement des territoires.
En effet, les Etats-Unis sont le symbole d’une forme particulière du libéralisme économique. La guerre n’a pas provoqué de destruction sur le territoire et l’urbanisation progresse sinon régulièrement tout au moins sans « chocs externes ». Le fait majeur est le départ précoce, par rapport à l’Europe, des classes moyennes ou aisées vers les périphéries. Ce sont des considérations techniques, pragmatiques qui ont toujours guidés les transformations des villes : « Cette prédominance des techniques a marqué de façon plus décisive qu’en Europe l’architecture des immeubles, l’agencement des quartiers, le choix des décideurs et finalement les comportements de toutes les classes sociales ».
L’essor irréversible de la périurbanisation s’est récemment atténué avec un retour vers les centres suivant un processus de gentryfication. Dans ces conditions, la période de l’après-guerre correspond aux Etats-Unis à la grande phase d’extension des suburbs et au déclin des villes centrales.
Dans le Royaume-Uni, dès 1937, la crise industrielle et régionale avait entraîné de nombreuses réactions allant toutes dans le même sens. La congestion des grandes cités nécessitait un aménagement et un développement des petites villes. On préconise une plus grande décentralisation et une nouvelle répartition des industries. Ainsi débute la période des villes nouvelles et des cités-jardins.
Dans les Industrial-estate, les infrastructures et services seront payés par l’Etat. Entre 1945 et 1960, celui-ci investira 80 millions de livres dans cette politique d’aménagement régional. La création de villes nouvelles, très précoce, concerne surtout l’agglomération londonienne, le Sud-Est mais également les villes situées dans les régions en crise. Il ne s’agit pas simplement de banlieues-dortoirs mais de véritables cités où l’on crée des emplois. Dans ces villes où l’on aménage un environnement de qualité, des infrastructures sociales et d’accueil sont prévues. Si la planification est donc une idée ancienne en Europe, l’expérience soviétique a beaucoup influencé les démocraties occidentales.

12.1.2.2 Les villes de l’ex Urss : l’échec de la planification
Le gigantisme domine. Dans la planification soviétique, la ville doit être un élément du développement (ce qui est tout à fait naturel), mais ce sont les ministères qui dirigent les investissements urbains (et non le pouvoir des Soviets) : ce sont donc les directeurs d’usines qui gèrent la ville en fonction des plans de production. Les préoccupations sociales ne constituent pas une priorité. Cette croissance rapide ne s’accompagne pas de la formation de réseaux urbains fonctionnels et équilibrés.

Une absence de hiérarchisation des fonctions
Un sort particulier fut réservé aux très grandes villes (plus d’un million d’habitants) dont la croissance fut en quelque sorte favorisé tant au niveau des infrastructures générales (construction d’un métro, équipements culturels, universitaires, allocations pour les logements…) qu’en ce qui concerne les créations d’emploi et les investissements productifs. Il y eut même, dans les 60, tout un débat pour prouver la supériorité théorique des plus grandes villes du point de vue de la rentabilité des investissements et de la socialisation idéologique et culturelle (la grande ville comme melting pot soviétique multinational). A la longue ce choix a entraîné dans le réseau urbain, en tenant compte des spécificités de la planification, d’importantes distortions qui pèsent encore aujourd’hui sur les équilibres de peuplement interrégionaux. Il ne s’agit pas là seulement d’une question de taille des villes mais bien d’une absence de hiérarchisation des fonctions, liées à la fois à la centralisation extrême du système et à la pratique des investissements, liés majoritairement à la production.

Une très grave carence des services est la conséquence de cette idéologie des planificateurs : priorité aux industries sans que les responsables aient une idée bien nette des équipements qui doivent accompagner cette croissance.

12.1.2.3 En Chine : la ville est le « pourrissoir de la révolution ».
A. Bervas se pose la question de savoir si la Chine n’est pas un « cas anormal dans le Tiers Monde » car sa population urbaine très faible en 1978 (13%) n’est encore que de 22% en 1990.
Le modèle chinois pose un problème très général que souligne bien Guy Burgel : on retrouve le conflit entre un « vieil égalitarisme spatial, encouragé par le système communiste, et une notion plus contemporaine d’équité, acceptant les dynamismes inégaux des territoires ».
Pays ruiné en 1949, la Chine compte près de 85% de ruraux au recensement de 1953. La ville est donc considérée au début comme le « pourrissoir de la révolution », le symbole des inégalités du monde capitaliste.
L’une des caractéristiques essentielle de la ville socialiste chinoise est la propriété des terrains urbains. Son utilisation étant gratuite, l’affectation des sols a du obéir à des règles particulières. Ainsi la part attribuée aux industries a été très importante ; en revanche, d’autres fonctions pourtant essentielles ont été oubliées (le tertiaire par exemple). La planification des sols guidée par des motivations idéologiques entraînent des résultats très curieux : les centres des villes sont occupés, suivant les cas, par des usines, des logements ou des services de l’Etat. Les meilleurs terrains, en terme de localisations, sont occupés de façons aléatoires et peu fonctionnelles.

12.2.1.1 La taylorisation des villes
Les urbanistes définissent ainsi les fonctions d’une construction urbaine : se loger, circuler, travailler, se cultiver. Le Corbusier, à l’avant-garde du mouvement commence à exposer ses idées dans les 20. Il faut abolir les formes traditionnelles et simplifier l’architecture. 5 points résument le système : pilotis, toits-terrasses, plan libre, fenêtres-bandeaux à châssis métallique et façades à pans de verre. Les « machines à habiter » se développent ainsi très tôt. P.H. Chombart de Lauwe a dit que c’est « un appel vers une vie nouvelle ».
En 1948, en France, une loi limite les loyers des logements anciens permettant ainsi aux populations modestes de rester sur place. La conséquence est prévisible ; les centres ne sont pas restaurés et rénovés et on voit, dans les couronnes des villes, les tours se développer. Les grands ensembles n’ont pas été intégrés dans des plans d’aménagement locaux.
Les immeubles de plus de dix étages représentent 12% en 1970 et 37% en 1996.
Ces nouveaux bâtiments donnent aux villes une très grande diversité architecturale. J. Pelletier remarque justement que la « tendance française, prônée par les « stars » de l’architecture, à substituer à l’architecture d’ensemble la juxtaposition d’architectures de qualités qui feront la ville, a de quoi stupéfier par la contradiction qu’elle sous-tend » (1997). La diversité architecturale est souvent désolante car les immeubles anciens, de qualité, sont véritablement « noyés » dans des constructions hétéroclites qui font disparaître l’image globale de la cité.
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Kalyan



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MessageSujet: suite   Dim 28 Jan - 0:01

12.2.1.2 Les villes nouvelles à l’épreuve du temps
L’idée maîtresse repose sur la création simultanée d’emplois et de logements afin d’éviter le déplacement des travailleurs.
Leur localisation a pour objet de briser le développement radio-concentrique de Paris. Ces cités s’intègrent dans le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de la région parisienne. Il fau organiser le développement sans ordre des banlieues ; la ville nouvelle se veut autonome dans tous les domaines.
La liaison habitat-emploi n’est guère assurée et les migrations alternantes avec Paris sont importantes. L’environnement monumental repose toujours sur les barres et les tours ; les vastes « espaces verts » séparent, comme à Evry les grands ensembles compliquent les déplacements. Les arbres sont souvent très monotone compte tenu de l’importance du béton et des surfaces bâties. Aussi, les embouteillages sur les grands axes se dirigeant vers la métropole, assimilent ces villes à des banlieues.
Or l’afflux des populations vers les zones périurbaines s’est poursuivi. Ainsi l’évolution française ne peut se comprendre qu’à la lumière de l’inquiétude née de la situation particulière de la capitale et des programmes d’aménagement ambitieux de l’après-guerre.

12.2.2 La croissance mal contrôlée des Tiers Mondes
12.2.2.1 L’urbanisme ou le privilège des riches
« Urbanisation démographique » (Milton Santos).
C. Chaline évoque à propos des villes du monde arabe un « déferlement périphérique ».
L’absence ou le flou des règles juridiques et l’industrialisation rapide des villes provoquent un retard de tous les équipements nécessaires (dans le Tiers Monde).
De nombreux Etats ont essayé de ralentir la polarisation des flux migratoires vers les métropoles (on fait repartir les étrangers au Nigeria, en 1984, on expulse les habitants de certaines banlieues ou les émigrés sont sans contrat de travail).
Dans les 50, grâce aux ressources pétrolières, le Koweït planifie son extension ; il en est de même pour l’Arabie Saoudite. Les pays pauvres n’ont pas pu mener des politiques coûteuses à long terme.
S. Jossifort a bien montré la vie difficile des habitants des villes nouvelles autour du Caire : « mal installés dans ces villes fantômes en perpétuel chantier […] insuffisamment desservies en transports communs et toutes sous-équipées […]. Ces cités jouent surtout le rôle de déversoir de populations chassées du centre pour cause de détériorations du bâti […]. » (1995).
A Chandigarh dont le plan masse a été conçu par une équipe dirigée par Le Corbusier. Il y a un quartier d’intouchables dans cette ville.

13.1.2.1 Les formes, facteur d’identité
L’étalement urbain a multiplié les quartiers et les périphéries anonymes ayant perdu leur caractère, toute valeur architectural a disparu : le paysage est en définitive dégradé.

14.1.2.2 Acteurs politiques, acteurs économiques
Face à la compétition internationale, les intérêts économiques deviennent prioritaires. Lorsque la situation économique se dégrade, les entreprises (et les syndicats) vont exercer une pression sur l’Etat (variable suivant les pays…). En effet, la mondialisation entraîne une dépendance vis-à-vis des lois du marché. Le terme de connexité convient bien pour désigner une interdépendance qui n’exclut pas le fait que chaque ville se retrouve seule face à ses problèmes : « La mondialisation sera la juxtaposition de solitudes connectées » (J. Attali).

14.2.1.2 Une participation des habitants
A Lisbonne, la réhabilitation des centres et des quartiers anciens s’est réalisée grâce à la pression des habitants. Dès 1987, les opérations de rénovation n’ont pu se réaliser qu’en fonction de ces revendications. La reconquête du centre permet le maintien des citadins dans leur quartier. Ces réhabilitations proviennent d’une volonté de demeurer dans un lieu auquel on est attaché. Situés sur les collines, à l’écart des routes principales de vieux quartiers ont perdu les résidents les plus aisés.

14.2.1.3 Conclusion : des thérapies variables
Un système-ville se compose de quatre sous-systèmes : un système économique, un système social, un système architectural et un système environnemental. Le développement durable entraîne une maximisation des rapports entre ces quatre systèmes. Tout ceci suppose des externalités, des effets de rétroaction. En bref, le développement urbain durable impose « un processus d’intégration synergique et de co-évolution entre les grands sous-systèmes urbains […] qui garantit un niveau non décroissant de bien-être à la population locale dans le long terme » (R. Camagni, M.C. Giballi, 1997).
Comme le résume Enrico Bordogna : « La banlieue a pris l’image mythologique d’une hydre à cent têtes. Architectes et urbanistes semblent manquer de langage. Les uns considèrent la banlieue comme le lieu de la pathologie contemporaine et critiquent les propositions du mouvement « moderne ». Pour les autres elle est l’expression de la modernité. Enfin certains la banalisent. »

14.2.2 Les politiques de la ville en France : un modèle obsolète ?
14.2.2.1 Le malaise social : l’explication unique ?
Née dans les 80, la « politique de la ville » fut une nouveauté. Fondée sur le concept de proximité, elle est une réponse aux problèmes sociaux des banlieues, à la progression du chômage et de l’insécurité. L’Etat devient un « animateur » de quartier. Trois techniques accompagnent cette politique : la contractualisation, l’aide au niveau local et la participation de la population.
L’effort est donc réparti sur certaines villes et des quartiers « sensibles ». Il faut donc être près du « terrain » en rompant avec les grandes politiques d’aménagement jugées « technocratiques ». Trois principes dirigent cette action : la globalité, la transversalité et le partenariat.
Durant le XIème plan (1994-1998), la loi de novembre 1996 crée les zones urbaines sensibles (ZUS) et des zones franches urbaines (ZFU).
La loi de « Solidarité urbaine » (mars 2000) a pour objet une meilleure répartition des logements sociaux.
Dans les 60, les HLM édifiés par les pouvoirs publics devaient déjà loger des catégories très diversifiées d’habitants. Dans un contexte de crise des logements, le projet se révèle efficace. Par la suite, les classes moyennes ont pu trouver des habitations plus agréables et ont quitté ces HLM. Maurice Imbert, sociologue, a justement remarqué que c’est à « l’échelle plus large des quartiers que le brassage des populations doit être assuré ». Si l’on veut mieux intégrer les citadins des grands ensembles c’est plutôt en leur donnant l’accès aux transports, aux équipements, à la sécurité.
Ainsi le projet de loi examiné en mars 2000 au Parlement, oblige les agglomérations ayant plus de 50 000 habitants, à partir du 1er janvier 2002, à posséder au moins 20% de logements sociaux sur leur territoire. Mais comme le déclarait un ancien ministre français : « On ne bâtit pas une ville pour vingt ans en vingt jours au Parlement ! » La sociologie urbaine a entièrement confondu le problème des villes avec la « question sociale ». Il faut constater un épuisement d’une représentation symétrique du social et de l’urbain. Les difficultés urbaines ne constituent pas seulement la transposition mécanique des difficultés sociales. Tous les quartiers présentent aujourd’hui des dysfonctionnements urbains ne correspondant pas à des enjeux de même nature, ils ne peuvent pas tous simultanément relever d’un traitement d’urgence.
L’envergure régionale, voire nationale, a toujours été oubliée.
L’essor remarquable du pôle international de Roissy n’a pas résolu les problèmes de la Seine-Saint-Denis.
En définitive, cette politique de la ville, ayant pour objet « d’agir au plus près » et de résoudre la « question sociale », a reproduit à une autre échelle les erreurs des 60. A cette époque, les grands projets de planification ont fait oublier le terrain local, aujourd’hui le souci d’une politique de proximité doit s’accompagner d’une politique régionale plus vaste.

14.3.1.1 La ville « compacte » ?
En France, les démolitions sont passées, pour les logements sociaux, de 5000 par an en 1999, à 8000 en 2000, avant d’atteindre peut-être dans le futur, 12 000 voire 20 000.
Dans une région métropolitaine, une extension spatiale coordonnée, durable est liée à deux exigences : d’une part, une politique de transports en commun et, d’autre part, une politique d’utilisation des sols. Un système fonctions-flux doit être établi. Cette philosophie des transports rejoint le concept de développement régional.

14.3.2.2 Villes petites et moyennes : revitaliser les périphéries
Un pôle urbain, si modeste soit-il, doit innover, créer des emplois, jouer un rôle moteur. La « dynamisation » des lieux ne consiste plus à exploiter des ressources locales : le fer de Lorraine, le charbon du Nord ou de Pittsburg. Les mécanismes endogènes de la croissance supposent évidemment un seuil minimum de population et une taille de l’agglomération. Toutefois, ces gains de productivité procurés par la concentration ne suffisent pas. La croissance peut provenir de facteurs qualitatifs.
Les villes-lieux jouent sur leur ancrage dans un territoire, dans un certain nombre de symboles (centres anciens, musées, vie culturelle), les facilités de circulation dans la ville, la qualité de vie. D’autre part, les villes-flux sont plutôt orientées vers une logique de transport et de carrefour : c’est le plus souvent le cas des Etats-Unis. Cette logique des flux ne doit pas se concevoir uniquement comme un hub et une plate-forme logistique ; les fonctions peuvent, en effet, reposer sur cette stratégie d’attirance et de déplacement : technopole, parc de loisirs, campus, fonctions portuaires ou zones industrielles fondées sur le mouvement. A l’évidence, il existe des cités « mixtes » où se mêlent les deux types de fonctions stratégiques.

Conclusion :
Aujourd’hui certains urbanistes pensent qu’un HLM « réussi est un HLM invisible ».
Les habitations précaires des populations défavorisées constituent de vastes surfaces d’exclusion. Le danger provient d’une alliance supra-nationale entre mégapoles (des réseaux internationaux existent) s’accompagnant d’un abandon de certaines régions. A toutes les échelles, le risque de fragmentation est réel, accentuant également la coupure Sud-Nord. La ville « désert de fer et de ciment », « folie des constructeurs » est un univers artificiel qui pose le problème du cadre de vie. André Leroi-Gourhan allait jusqu’à écrire que cet « espace surhumanisé ne comportera plus que les échantillons de nature nécessaires pour entretenir la masse humaine, par les techniques audiovisuelles hors de toute réalité vécue ».
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Kalyan



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MessageSujet: Pruit!!!   Dim 28 Jan - 0:07

Voilà c'est fini ! J'espère que cette fiche vous servira. Bon courage à tous et bonne soirée !!! ;-)
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Marine



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MessageSujet: Re: suite de la géographie urbaine de JP Paulet   Dim 28 Jan - 3:50

arg !

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