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 L'économie informelle urbaine dans les PVD

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lucie



Nombre de messages: 99
Date d'inscription: 24/09/2006

MessageSujet: L'économie informelle urbaine dans les PVD   Dim 4 Fév - 16:51

COLLE DE GÉO: l'économie informelle urbaine dans les PVD

INTRO: Le concept d'économie informelle renvoie à un phénomène relativement récent: avant les 80's, on emploie + volontiers un terme négatif: "économie non-officielle" , "non-structurée" => était vue cô un accident provisoire du processus de transition d'un pays vers une économie moderne de marché.
Ms dès 80's, éco informelle a révélé une dynamique d'expansion & de renforcement de son rayon d'action d'une ampleur considérable, qui oblige à lui donner une place à part entière alors qu'avant n'était envisagé que cô défaillance ponctuelle d'éco d'un pays. Dc est devenue un pendant à l'économie dite formelle.
Comment définir cette éco informelle? => processus générateur de revenus qui échappe à la réglementation officielle, et n'est pas enregistrée dans les chiffres & les stats. Ni taxes, ni règles de sécurité, ni assurances pour le travailleur. À la fois en rupture & en continuité avec la société traditionnelle, puisque prend marques de traditions ancestrales tout en essayant de se fondre ds le modèle éco de marché.
On la confond souvent avec le secteur informel, MAIS n'a pas trait aux mêmes domaines: éco englobe emploi, donc commerce & production, ≠ secteur qui comprend aussi le logement, MÊME SI quartiers précaires & économie informelle sont liés. + par rapport à "secteur": donne en outre idée que n'est pas un ensemble entièrement imperméable, càd qu'il n'y a pas de frontière hermétique avec autre type d'économie: formelle. Il faut enfin prendre en compte les différents types d'économie informelle, et ne pas confondre éco "de délinquance" (drogue, activités criminelles) & éco dite "populaire" (motivée par la pauvreté).
En tout cas est liée à la pauvreté, donc, même si existe dans PD, on l'associe le + souvent aux PVD, ou PED: on entend par là pays qui connaissent un développement éco faible mais constant, dont le revenu annuel par habitant, le PNB par habitant mais aussi l'IDH sont faibles. Ce grand ensemble regroupe des pays aussi variés que CHINE, INDE & BRESIL (3 géants mondiaux) & pays dits les moins avancés (Afrique australe). PVD principalement en Amér du sud, en Afrique & en Asie. On peut tout de même trouver une unité à ces pays, dans lesquels la pauvreté n'est pas marginale mais majoritaire, en particulier dans les villes.
L'éco informelle est en effet surtout urbaine, puisque villes continuent à croître de manière intensive, & qu'elles rép difficilement aux bes croissants des pops.
Traiter de l'éco informelle urbaine dans les PVD amène plusieurs problèmes: tout d'abord de définition, puisqu'il est dur de s'accorder sur envergure & limites d'éco informelle, qui comme son nom l'indique n'a pas de forme, donc malaisé d'en voir contours car pas chiffres fiables & exhaustifs. + économie mouvante, pas sectorisée, donc prendre en compte liens informel/formel. +: quelle est sa place dans pauvreté urbaine et dans ville.
Question centrale, puisqu'on traite de PVD: cette économie est-elle une solution aux problèmes villes PVD à absorber les besoins des populations, ou au contraire joue t-elle un rôle de frein au développement urbain de ces pays?
I) Place & rôle d'économie informelle dans villes PVD
II) Les dangers & limites de cette économie
III) L'économie informelle dans ses relations avec le formel & l'État

I) Place & rôle de l'économie informelle dans les villes des PVD:
1/ Effet tampon: On peut encore parler d'explosion urbaine dans les villes des PVD, due à l'exode rural qui n'est pas tout à fait achevé, et surtout à une croissance démographique élevé. L'immense place qu'occupe l'économie informelle dans ces villes est lié à ces caractéristiques: sur l'ensemble du continent africain, elle regroupe 61% de la main d'œuvre urbaine, & entre 1990 & 2000, on estime qu'elle est à origine de pas moins de 93% des nouveaux emplois. Pour prendre un exemple dans un pays plus proche des PDév: au Mexique: entre 25 & 40% de l'activité urbaine vient d'économie informelle.
On peut parler d'un réel effet tampon de cette économie: vient absorber le surplus de main-d'œuvre lié à explosion urbaine: taux chômage urbain très élevé dans les PVD (30 à 40% en Afrique, 20% en Amér latine, + 10% en Asie). Donc basculement vers économie informelle: seul économie informelle arrive à fournir une solution à pbl chronique du manque d'emplois urbain.
N'est pas anodin qu'économie informelle trouve essor dans les quartiers précaires des villes: derniers arrivés en ville, qui participent de l'étalement de l'agglomération, viennent souvent du monde rural: zone d'économie informelle sert donc de zone tampon entre économie traditionnelle paysans (où le troc est roi) & économie moderne de marché: importance du secteur artisanal informel, qui regroupe dans les villes d'Afrique de l'ouest (Bénin, Burkina Fasso, Côte d'Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo) ce qu'on estime être 4,5 millions de travailleurs. + secteur traditionnel => tanneurs, cordonniers, brasseurs des villes d'Inde ou de Chine.
Face à la paupérisation, & à leur exclusion des réseaux institutionnels classiques, les + pauvres développent une stratégie de survie pour répondre aux 1ères nécessités: au Niger, bien que les revenus de l'économie informelle soient souvent inférieurs au SMIG, c'est + de 50% de la population urbaine qui en profitent, et qui sans eux n'auraient pas même un quelconque revenu. L'économie informelle fonctionne alors comme une solution de repli, mais une solution quand même.
2/ Pallier à l'insuffisance des pouvoirs publics: Si éco informelle a pris autant d'envergure depuis 80's: c'est bien pour combler 1 manque, une défaillance des pouvoirs publics face aux laissés-pour-compte du système scolaire & économique des PVD: informel vient pallier à pbl emplois en en facilitant accès: savoir-faire ne demandent aucun diplôme, pas besoin apprendre règles du marché puisque activités à très petites échelles qu'on gère localement. Importance de l'auto-emploi: 57% travailleurs urbains de Bolivie, 53% de Colombie, 48% de Thaïlande sont des "travailleurs de la débrouille".
+ surtout vient pallier défaillance des services publics, qui souvent ne viennent pas jusque dans quartiers précaires où ont lieu activités informelles: on peut penser au marché de l'eau: services officiels pas cap souvent d'assurer toute demande urbaine, DONC recours autres modes approvisionnement: font appel à multiples opérateurs des marchés locaux =>2 millions d'habitants des PUEBLOS JAVENES de Lima au Pérou dépendent ainsi de revente eau. Jakarta: 32% des ménages achètent eau à des vendeurs de rue. Port-au-Prince (haiti): revente en gros ou en détail d'eau intéresse tous quartiers de ville à divers degrés, mais 90% des quartiers les + pauvres. Ces services intéressent d'abord les + pauvres car ont ressource si faible qu'il faut que producteur ou fournisseur soit très proche.

3/Un rôle d'intégration:Économie informelle, contrairement à structure classique d'économie formelle, n'est pas figée. Elle s'adapte aux contextes locaux, et donc adopte règles & règlements directement issus de la culture & des moeurs du pays => importance d'artisanat & du troc, qui tendent à ruralisation des villes, mais aussi à meilleure intégration des nouveaux urbains: géographe Guy di Méo: "le sous-secteur artisanal des PVD a un rôle d'accueil & de formation pour une partie des migrants sans travail qui s'installent en ville". Économie informelle va de pair avec codes traditionnels, relation entre les gens, contribue à formation d'un capital social: permet de prolonger éco familiale => échanges de services & troc aussi imp que paiements monétaires.
Dans cette économie, réseaux + imp que qualification: ainsi, à Bamako: + de 50% des salariés irréguliers & sans qualification ont accédé à leur emploi par relation personnelle. Économie populaire motivée par pauvreté aide aussi à cohésion sociale. Ex de la Côte d'Ivoire: les maquis (petits restos traditionnels) sont en grande majorité informels: modèle de l'économie informelle à la fois issue des traditions & fournissant aux + pauvres une voie de sociabilité non négligeable.
L'économie informelle apparaît donc tout d'abord comme un moyen de survie des + démunis en parallèle avec le système existant qui est décevant. Mais il convient de relativiser ses mérites.
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lucie



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Date d'inscription: 24/09/2006

MessageSujet: Re: L'économie informelle urbaine dans les PVD   Dim 4 Fév - 16:52

II) Les dangers & limites de cette économie
1/ Précarité & dangers de cette économie: En effet ce qui semble être l'avantage même de l'économie informelle dans les villes des PVD, càd son informalité, qui permet être débarrassé de taxes, avoir emploi même quand aucune qualification, fixer dans une certaine mesure règles & prix... constitue aussi son + grand handicap. Risque liés à l'informel: pas règles de sécurités ou hygiène dans travail, ni protection juridique & sociale, revenus faibles & irréguliers... à Lagos, salaires dans secteur informel inférieur de 60 à 90% par rapport à son équivalent dans le secteur formel. Pbl du travail des enfants de + en + jeunes suscite la + grande attention de la part d'Organisation Internationale du Travail & multiples ONG.
Risques & désavantages pas seulement pour travailleurs: consommateurs privilégiés d'économie informelle (les + pauvres): en ce qui concerne le marché parallèle de l'eau: faute de régulation: risques sanitaires, + souvent paient + chers que les abonnés ne payent l'eau au robinet: de 20 à 30x + à Lima & Jakarta, 6x + à Ouagadougou & Port-au-Prince. Autre exemple pris au Viet-Nam: à Ho Chi Minh ville: dépenses d'eau = 2% du revenu de ménages raccordé à réseau, contre + de 7% de celui des résidents des périphéries non-desservies.
+ informel malgré apparences échappe pas aux système fiscal, d'autant + complexe que basé sur critères inadaptés & s'adresse souvent à illettrés (+ de 80% des travailleurs du secteur informel).
Enfin: économie informelle se rapproche aussi d'économie illégale ou dite "souterraine": certaines formes de sociétés criminelles, contrebande, marché de la drogue... Tendance du secteur informel à repli sur soi peut amener hausse de violence (Amér latine, Afrique sub-saha), climat insécurité lié à absence de règles.

2/ Obstacle au développement? Question de savoir alors si cette économie dont but principal est de combler défaillances de formelle n'entrave pas au fond le développement urbain du PVD. Semble inconciliable avec économie de marché, et pour les États but serait donc de la faire disparaître pour "progresser durablement dans la voie d'un travail décent, reconnu & protégé", selon mots du rapport de la 90e Conférence du Travail de 2002.
Toujours dans ce rapport, éco informelle est considérée comme entrave à émergence de structures socio-économiques plus productives: connaît en matière de formation retards considérables: à Abidjan: + 70% employés sans aucune éducation formelle, & seulement 1,5% d'entre eux auraient bénéficié d'une formation technique & professionnelle. DONC handicap pour communiquer avec environnement institutionnel. Du coup informel souffre du manque de cadre institutionnel dynamique pour favoriser rencontres, échanges d'expériences & défense de ses intérêts.

Il semble alors qu'économie informelle ne puisse se conjuguer avec le développement urbain d'un PVD: pouvoirs publics doivent-ils tenter éradiquer ce type d'économie afin reprendre maîtrise d'économie urbaine dans sa globalité, ou la tolérer tout en l'éloignant le + possible d'économie formelle, de même qu'on tolère quartiers précaires tout en les reléguant le + loin possible des beaux quartiers?

III) L'économie informelle dans ses relations avec le formel & l'État
1/ Relations avec le formel: Solution pas si simple, car frontière entre éco formelle & informelle est mouvante & brouillée, ce qui constitue d'ailleurs une spécificité des PVD par rapport aux PD. Souvent complémentarité de vendeur pauvre/acheteur riche: Caire: réparateurs de voitures s'installent au pied des CBD. À Bali, travailleurs pauvres dans confection artisanale gravite autour activités touristiques. À Dakar, marché informel de médicament vendu 3x moins cher que dans pharmacie qui attire aussi les + riches.
Parfois un réseau pas entièrement informel: dans les transports: Afrique du Sud où en amont proprio de taxis achetés dans cadre éco formelle, qui paye chauffeurs. Mais rarement pour eux contrat d'emploi écrit, ou niveau de salaire minimum.
Donc pas de réelle autonomie du secteur informel (profit du secteur informel qui passe dans le secteur officiel: souvent vendeurs ambulants à la solde d'un négociant + imp au sein système formel). Donc il est impossible, & les autorités l'ont constaté, de songer à faire disparaître un système économique lié au système officiel, qui de + le sert.

2/ Relations avec les pouvoirs publics: pbl: comment alors réglementer activité informelle sans entraver sa flexibilité? Quelle réaction doivent avoir les autorités? Reconnaissance progressive d'économie informelle dans économie de ville: dans marché eau: cette reconnaissance justifie action pour dynamiser marchés locaux & instaurer concurrence entre modes de desserte: 3 objectifs: faciliter accès à eau, réguler prix sur marché, créer emplois. Même si pas encore garantie de qualité du service, peu à peu adapter normes & objectifs officiels aux conditions d'exercice des petits artisans. Mesures de législation déjà à Djakarta, Ho Chi Minh).
Rôle de l'éco informelle dans dév villes PVD incontestable en dépit ses défauts: contribution au PIB: Niger: 60-75% vient éco informelle. + concrêtement: exemple des ramasseurs d'ordure dans villes comme Guatémala city ou Rio qui trient & revendent déchets collectés quand possible: rôle vital pour propreté de ville: encouragés par autorités. Jouent sur légitimité de ces activités pour les inclure p à p à économie formelle. Légalisation a posteriori: dans domaine des travailleurs à domicile: en Inde, demande de légalisation statut venait des travailleurs (femmes surtout): OIT a ratifié convention en 96. Petit à petit ratifiée par pays Asie sud-est. Au Niger: marché de Katako, le + grand centre du commerce informel, est en cours de légalisation. De + en + économie informelle envisagée par les autorités comme soupape de sécu faces aux lacunes de l'emploi & du domaine formel. Solution serait donc de fournir p à p un cadre légal pour que puisse s'intégrer dans éco formelle tout en gardant capacité de souplesse & d'innovation socio-éco.

CONCLUSION: Dans les pays en voie de développement, économie informelle a peu à peu investi domaine formel de l'économie urbaine, jusqu'à ne plus pouvoir être ignorée et laissée de côté par les autorités ou considérée comme "souterraine". Solution serait alors dans l'effort de légalisation de ces activités, afin, pour les pouvoirs publics, de profiter de ses mérites tout en remédiant progressivement à ses défauts. Mais on peut alors se demander si, tout en faisant mine de les intégrer à l'économie urbaine, cette légalisation ne serait pas le meilleur moyen pour exclure les + démunis de leur seule ressource, et donc les pousser à trouver de nouvelles façons de contourner l'économie formelle.
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