chapitre 8 : l’Asie du Sud-Est : des métropoles en transition
c’est un espace complexe où s’imbriquent la terre et la mer, 10 pays différents, de grande vitalité urbaine mê si les taux d’urbanisation sont encore modestes : 58% aux Philippines, 56% en Malaisie, 40% en Indonésie, 21% en Thaïlande, 20% au Vietnam
espace pivôt entre 2 Asies
de grandes agglo : Singapour, Jakarta et Manille
une gamme très large de niveau de développement urbain (Singapour à Ho Chi Minh Ville)
une dynamique de redistribution des populations, de résorption des pbs de logement, d’organisation d’aires métropolitaines, est partout à l’œuvre avec des succès divers
? une Asie de la rencontre et de l’expansion
le glissement des cités agraires de l’intérieur vers les villes-ports est entamé dès avant l’époque coloniale, la navigation fluviale et maritime très répandue favorise les villes de détroit et les branches de delta près de la mer (Singapour, Jakarta, Manille, Surabaya [Indonésie] ; Rangoun, Bangkok, Hanoï)
de fréquentes inondations sont dues au climat de fortes précipitations
une ville souvent dominante ds des pays parce que capitale historique, politique d’ouverture portuaire de la colonisation, renforcement par l’indépendance, ville du groupe ethnique, de la langue et de la culture dominants
ce sont des pays multicommunautaires : les villes sont des mosaïques urbaines riches de cultures et de conflits (contrôle efficace des Etats)
les métropoles sont réceptrices et animatrices d’économies industrielles en pleine expansion : Singapour > Thaïlande et Malaisie > Indonésie
? villes-carrefours, villes-mosaïques, villes en recomposition
marque puissante des civilisations implantées ds des villes centres (tradition de centralisme) : Angkor Vat, Borobudur, les sultanats créent d’actifs centres marchands, l’impact colonial crée un compartimentage de l’espace guère remis en cause aux indépendances => des métropoles macrocéphales pivôts régionaux et internationaux
la communauté chinoise se heurte aux nationalismes ou aux volontés d’assimilation, elle crée des quartiers commerçants denses à l’architecture et à l’urbanisme particuliers
la région est un carrefour de religions : animisme, islam, bouddhisme, taoïsme, hindouisme, christianisme, d’imposants édifices religieux marquent les villes
influences géopolitiques diverses : éu, monde arabe, Chine, Japon fait conquête commerciale agressive et investit bcp par capitaux et tourisme
? espaces urbains en évolution : du concentrique au radial
accumulation de communautés et de fonctions sous forme de cercles concentriques
depuis 30 ans la ville est passée au système rayonnant : développement le long d’axes routiers
à Singapour le grand ensemble domine le paysage
de vastes zones industrielles modernes étalées en périphérie sont censées attirer les investissements étrangers
la politique de l’habitat est destinée à construire des logements et à résorber les bidonvilles : le Kampung Improvment Programme a touché la moitié des habitants de Jakarta
mais de vastes quartiers non réglementaires subsistent : des pseudo-villages qui conservent un bâti rural qui ceinturent la ville ou l’envahissent ; d’anciens villages ruraux authentiques digérés par l’avancée de l’agglo, des bidonvilles de squatters qui utilisent tous les interstices
ils demeurent cependant moins importants qu’en Afrique et en Inde
+ loin, un CBD extérieur, des quartiers d’habitat aisé pr habitants motorisés, une auréole maraîchère, puis la campagne qui est conquise par l’urbanisation, puis les villes nouvelles rattachées à la ville mère = constitution d’une aire urbaine qui renforce encore le rôle de la ville primatiale
le paysage urbain hétérogène donne une impression confuse et les politiques d’aménagement sont actives et volontaristes
les équipements ne suivent pas cette progression de l’espace urbanisé, les déficiences sont celles de toutes les métropoles des PED : accès à l’eau potable, traitement des déchets, circulation, sauf Singapour qui a pris des mesures radicales quant a trafic sur son espace particulièrement étroit
? métropoles obèses ou mégapoles « globales » ?
des métropoles de grande taille mais ébranlée par la crise asiatique (remontée du chômage, fuite de capitaux, chute des PIB, repli de certains pays sur eux-mê, méfiance accrue envers les investisseurs extérieurs)
la situation est + nuancée
° des métropoles exclues :
- Rangoun capitale de la Birmanie cadenassée par un régime militaire
- Ho Chi Minh Ville dispose d’aptitudes réelles ds un pays meurtri (ce n’est pas la capitale du Vietnam) : port bien situé, constellation de petites villes industrielles autour, volonté d’ouverture
° des métropoles en difficulté
- Manille : 1/3 de population du pays, 60% des usines, 30% du PIB mais elle est handicapée par sa morphologie désordonnée, ses violents contrastes sociaux (Tondo, au cœur de la ville, est l’un des + grands bidonvilles du monde), circulation souffre de congestion, secteur industriel stagnant, insécurité et chômage augmentent
- Kuala Lumpur est la capitale de la Malaisie continentale et de petite taille (c’est l’exception ds la région) elle se donne des aires de métropole internationale avec ses grands buildings (les tours Pétronas) elle est en repli avec la crise politique
° des métropoles affirmées
- Jakarta 10 millions habitants : a entrepris une structuration de son espace, illustre l’hyper-centralisation du pays sur l’île de Java (immense aéroport international) de grandes ambitions qu’elle peut réaliser si le pays évite l’éclatement
- Bangkok porte du continent
- Singapour modèle, entrée ds le groupe des pays industrialisés
la structure de l’ASEAN pourra-t-elle aider à résoudre les conflits et l’instabilité politique (le Timor oriental, les séparatistes d’Atjeh à Sumatra)
? Bangkok, modèle de primauté urbaine
elle concentre la moitié de la population urbaine du pays, ¾ des industries et banques
la ville de l’eau aux célèbres marchés flottants mais de + en + polluée, la ville congestionnée (70% des véhicules à moteur du pays y circulent), la ville du contraste entre les gratte-ciel, les palais royaux, les plaisirs touristiques, la croissance urbaine débridée échappant à toute maîtrise publique
la ville a privilégié l’expansion sans scrupule (immigration chinoise fait un commerce dynamique, attirer les capitaux étrangers qui exploitent une m-d’œ à bas coût ds le textile et l’électronique)
la croissance entraîne des déséquilibres : vigoureuses migrations internes au détriment des autres villes thaïlandaises, les bidonvilles qui groupent peut-ê jusqu’à 15% de la population, ville peu aérée et polluée, pb de franchissement du fleuve
les aménagements ont été différés par les coups d’état successifs, les conflits administratifs, le clientélisme
peu à peu elle rattrape son retard, résorption des bidonvilles montre qu’elle est passée à l’encadrement
? Singapour, modèle de développement
situation géographique exceptionnelle qu’elle valorise : sur une île reliée à la Malaisie par une autoroute, un gouvernement démocratique autoritaire pendant 30 ans qui s’attaque à la surpopulation du centre-ville (1/3 de population en taudis en 1960) et aux pseudo-villages pauvres de la périphérie, la natalité est limitée autoritairement, l’équipement sanitaire est amélioré, les habitants sont redistribués ds 12 villes nouvelles composées de hautes tours de logements, la vieille Chinatown insalubre est remplacée par un CBD, les pbs de circulation sont réglés par la mise en place d’un réseau autoroutes et métro reliant centre et unités de logements pr migrations quotidiennes, la circulation automobile privée en centre ville est soumise à péage et au remplissage de 4 mini par voiture
les espaces verts au centre sont rigoureusement protégés, l’aménagement industriel est fortement zoné
une part de fragilité à l’heure de la mondialisation ds l’autoritarisme et l’étroitesse du territoire
chapitre 9 : les villes chinoises : une soif et une volonté de métropoles
espaces de très fortes densités, un immense pays par superficie et population
maîtrise de la croissance démographique dc pas cô les autres pays du Tiers-Monde
un des pays les + ruraux (27 à 30 % d’urbains mais qd-mê 350 millions d’urbains)
surreprésentation des très grandes villes : 4 métropoles et de nbreuses candidates à ce rang
les villes bloquées par époque maoïste et bouleversées par l’ouverture au capitalisme
? un tableau urbain paradoxal
la définition chinoise officielle de la ville englobe ce que nous qualifierions de gros bourgs ruraux ou compte tous les travailleurs non agricoles
des mouvements migratoires intenses voulus par l’Etat (mise en valeur des villes de l’Ouest où on exploite des mines) ou spontanés (population flottante)
100 millions de personnes entre 1983 et 1990 auraient ainsi quitté leur village pr la ville
ces migrations gigantesques n’ont pas suscité de bidonvilles parce que les migrants sont absorbés par des structures familiales solidaires et les logements préexistants (densification)
la population rural n’a pas encore fortement diminué, encore 800 millions de ruraux dc encore de la pression sur les terres
la Chine manque de villes moyennes mais elle a 8 mégapoles de + de 5 millions d’habitants
? la ville ignorée, utilisée, honnie, et enfin promue
la tradition chinoise ne retient que le rôle politique et social de la ville mais le retard économique est en train d’ê rattrapé de manière spectaculaire
la période maoïste, après une décennie d’aménagements urbains ds les débuts du communisme, consiste en une régression urbaine
la construction des grands ensembles est stoppée et les migrations sont contrôlées, les villes manquent de personnel compétent depuis la révolution culturelle
depuis 1980 les villes surtout côtières retrouvent de l’importance ds la politique chinoise
de vastes ensembles de logements sont construits, le contrôle des migrations est assoupli, les centres se verticalisent et accueillent des autoroutes urbaines
les parcs industriels et les centres tertiaires se multiplient en périphérie (Zones Economiques Spéciales), la ville est réhabilitée et devient le moteur de la croissance et la vitrine
? la grande ville chinoise aujourd’hui : un espace bouleversé
tout a été bouleversé après des siècles d’immuabilité : organisation, paysage, mode de vie, taille
essai de modélisation ds les 1990s
le vieux noyau historique n’est que partiellement conservé et la notion de patrimoine architectural n’est apparue que récemment (autant de pastiches pr touristes que d’authenticité)
les quartiers anciens lieux d’intense sociabilité ont été largement détruits et remplacés par de grandes avenues, des alignements d’immeubles, le tissu a été aéré par des monuments à valeur éducative
ajdh des McDo et des foules de petits vendeurs reviennent animer la ville ex-officielle
les faubourgs mêlent habitat, commerce et artisanat avec un retour de l’activité privée
en périphérie des petites et moyennes industries ou des entrepôts se mêlent aux quartiers résidentiels + une ceinture verte
la ville chinoise est ajdh un chantier perpétuel en cours d’aménagement tout particulièrement en ce qui concerne les villes côtières
des schémas directeurs strictes
les déficiences subsistent : manque de logements, retard des transports publics, les mentalités sont encore marquées par l’autoritarisme, pollution liée à l’explosion de la circulation automobile et aux usines vétustes, les écarts entre riches et pauvres se creusent alors que l’Etat se libéralise dc abandonne des politiques sociales
? la métropolisation en marche
revirement depuis 1980, internationalisation
des quartiers périphériques où l’on transfère sans états d’âme des centaines de milliers d’habitants chassés des centres par les démolitions
vive concurrence entre les villes et creusement de l’écart entre Chine intérieure et Chine côtière
la littoralisation se fait + par juxtaposition que par complémentarité concertée
c’est une métropolisation à l’asiatique qui interpénètre le rural et l’urbain selon le concept de desakota (indonésien) desa = rural et kota = urbain
? 4 métropoles internationales pr le moment
Shanghai 13 millions d’habitants
Pékin 11 millions fonctions de capitale politique
Hong Kong 7 millions est une agglo mondiale réintégrée de le giron chinois
Canton 5 millions région urbaine puissante fonctionne cô arrière-pays de HgKg, porte d’entrée de la Chine continentale
Tianjin 9 millions port de Pékin et centre d’industries lourdes
? Shanghai croit en son avenir
1% de la population nationale, PIB/hab le + élevé de Chine
la ville de la bourgeoisie d’affaires et des intellectuels (naissance en 1921 du parti communiste chinois)
accueille le gros des investissements étrangers grâce facilités fiscales et industries de pointe
elle doit cependant veiller à la paix sociale, le chômage s’étend, la population flottante des chantiers du bâtiment sera bientôt à reclasser
? HgKg va-t-elle commencer à douter ?
rétrocédé par les Britanniques en 1997 et conserve pour 50 ans encore un régime administratif spécial
elle est pratiquement une métropole de pays développé, elle se débarrasse progressivement de son habitat insalubre sur jonques ou en baraques, loge les ouvriers ds des villes nouvelles, tente de résoudre au cas par cas le pb des 1,5 million de sans-papiers ayant fui la République populaire
l’immobilier est le + cher du monde (des grandes tours sur des pentes)
elle redoute cependant la corruption et les agissements mafieux qui nuisent à son image de transparence et de liberté et à la confiance des clients du monde entier