Le Forum des Khâgneux

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 Cours V2 février III,1 le paradoxe des gdes villes ...

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Marine



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MessageSujet: Cours V2 février III,1 le paradoxe des gdes villes ...   Ven 2 Fév - 22:58

Villes et Pauvreté dans le monde
Partie 3 : les Grandes Villes : création de pauvreté, fracture socio-spatiale et perspectives d’intégration

La pauvreté est-elle créée par le système des grandes villes ?

Chap. 1 – Le paradoxe des grandes villes mondialisées, espaces riches concentrant des populations pauvres

Que faut-il entendre par « grande ville » ? Seuil des 2 millions d’habitants. Ce sont ces villes qui sont les principaux nœuds de flux internationaux de toute nature : flux de marchandise, de capitaux, flux migratoires ... Ce sont ces villes qui sont dans le monde les espaces où convergent et d’où divergent les flux, et plus que jamais depuis la mondialisation de ces flux.
Ville mondialisée : ville dont le fonctionnement inclut la perspective mondiale.
Ville mondiale constitue une minorité au sein de la catégorie des villes mondialisées : sont très rares, villes qui dirigent le monde, abritant acteurs ayant un pouvoir de décision au niveau international : politique, bourse, ... NY, Londres, Francfort, Pékin ? Tokyo ...

Ces villes mondialisées st celles qui reçoivent, émettent et traitent des flux. Sont source d’enrichissement, concentrent une grande part des richesses mondiales.

Problématique : se demander si ces grandes villes créent de la pauvreté alors qu’elles concentrent des richesses, cela revient-il à dire que leur mode de fonctionnement crée des inégalités, s’oppose à une redistribution de la richesse ?

Ce serait alors à la fois une réfutation de la conviction libérale qui affirme que la prospérité économique finit par apporter une amélioration pour tous. Les inégalités ne seraient qu’une étape transitoire.
Mais si on démontre que ces villes créent de la pauvreté urbaine, ce serait apporter une réfutation aux représentation collectives selon lesquelles les plus grandes villes sont les meilleurs lieux possibles pour une ascension sociale individuelle.
Si cet espoir est déçu, cela peut expliquer des réactions violentes.
Enjeu politique, mais aussi social et culturel.

I. Certaines conditions de vie dans une grande ville peuvent créer de la pauvreté
II. La mondialisation est un facteur d’accroissement des inégalités sociales dans les grandes villes
III. La concurrence internationale entre les grandes villes laisse peu de place à la lutte contre la pauvreté urbaine

Ville mondialisée = métropole. Agglomération à la population importante, des fonctions très complètes, incluant des fonctions directionnelles, de créations, d’innovations, et ayant une dimension internationale.



I. Certaines conditions de la vie dans une grande ville peuvent créer de la pauvreté

La pauvreté des conditions d’existence ne peut se définir uniquement par le manque de ressources économiques. Pierre Bourdieu : parlait, pour définir les ressources non-économique, de « capital culturel » et « capital social ».
Vivre correctement dans une grande ville, pour accéder à la consommation et au marché du travail, cela demande un capital culturel et social plus important que dans une petite ville.

A. Revenus

Comment, à revenu égal, peut-on entrer en pauvreté en ville et pas à la campagne ?
Il faut plus d’argent pour pourvoir aux besoins dans une grande ville : coût de la vie est supérieur en ville. Evidence qui a des conséquences : à revenu égal, on peut tomber dans la pauvreté.
Prix des denrées alimentaires de base est plus élevé dans les villes que dans les campagnes (PED). En raison des coûts de transport et des intermédiaires. Donc sans que le revenu baisse, une personne citadine paye son alimentation plus cher.
Dans les PED, certains citadins, et parmi les plus pauvres, sont contraints par leurs conditions de vie, d’acheter des plats déjà élaborés, cuisinés. Nourriture confectionnée car ne peuvent pas cuisiner eux-mêmes : soit parce que n’ont pas de domicile, ou alors n’ont qu’un coin de pièce ... Ce st donc paradoxalement les plus pauvres qui sont obligés d’acheter ces produits, qui sont plus chers.
Mais le fait de faire cuire des aliments et aussi l’un des petits métiers dans les quartiers pauvres.
Cette nourriture élaborée est appelée par les auteurs anglo-saxons (très utilisée en Afrique subsaharienne, en Asie ...) « street food ».

Les transports sont payants ; plus la ville est grande, plus les distances à parcourir sont grandes.
Dans les grandes villes, le logement est presque toujours payant, y compris dans les quartiers spontanés : même dans les quartiers autoconstruits, cela se fait rarement sans paiement de droits correspondant au terrain.
Ex : enquête à Abidjan en 1995 (Côte d’Ivoire) : 85% des résidents des bidonvilles sont propriétaires ou locataires du terrain qu’ils occupent. Donc dépenses de logement, même dans quartiers précaires, sont plus élevées que dans les campagnes.
Parmi les plus pauvres, il peut y avoir des dépenses de santé dues aux maladies (manque d’hygiène, consommation d’eau non potable, pollution industrielle ...).

Dans les statistiques de la Banque Mondiale, on lit qu’il n’y a « que » 25% des citadins sont pauvres, contre 58% des ruraux. Mais ça c’est selon le seuil de 2$ par jour ; ce seuil ne tient pas compte du fait que le coût de la vie est plus chère en ville.
Si on applique un correctif, on estimerait qu’entre 1/3 et la moitié des populations urbaines du monde st en situation de pauvreté.
Un des rares pays à tenir compte de la différence : Canada, seuil de faible revenu (SFR), fondé sur mode de calcul absolu. Modulé selon la catégorie de ville dans laquelle on habite. Sur cette base, on obtient des chiffres impressionnant : pour Vancouver, on a 22% de la population de l’agglomération en-dessous du seuil.

B. Capital social, capital culturel-

- Capital social : réseau de relations, d’aides pour contribuer à l’insertion dans la société. Dans une grande villes, les relations sont limitées à une famille, ou un quartier, ou encore une communauté ethnique ou linguistique ...
Réseaux qui fonctionnent à l’intérieur d’une catégorie socialement homogène.
Autre réseau : syndicats. Mais par définition, ça ne concerne pas les exclus du marché, ni les salariés des entreprises très petites.
Dans les pas développés, les syndicats st beaucoup plus représentés dans le secondaire que dans le tertiaire ( modification depuis).

Il y a des formes de réseaux relationnels verticales par rapport à la position sociale. C’est souvent ce qu’on appelle le clientélisme. Achat de voies d’électeurs. Les riches peuvent octroyer des privilèges (places en logement social ...) en échange des votes.
Dans les pays pluri-ethiques d’Afrique subsaharienne on appelle cela le « vote ethnique ».
Ou bien un système qui, notamment dans les quartiers pauvres, s’articule autour d’un homme puissant (mafia), qui peut échanger sa protection contre différentes collaborations (trafic d’armes, drogue ...). C’est l’un des facteurs qui explique le développement des activités illégales.

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Tanya



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MessageSujet: Re: Cours V2 février III,1 le paradoxe des gdes villes ...   Sam 3 Fév - 23:32

MERCIII !!!
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Marine



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MessageSujet: Re: Cours V2 février III,1 le paradoxe des gdes villes ...   Sam 3 Fév - 23:33

de rien Wink si ya besoin d'autre chose, jsuis pas loin (et sur msn)

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Tanya



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MessageSujet: Re: Cours V2 février III,1 le paradoxe des gdes villes ...   Dim 4 Fév - 13:40

ah ptit prob bob! t'as la fin du chapitre précédent pliiiiiiiiiiiiiiiiiz? Very Happy
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Marine



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MessageSujet: Re: Cours V2 février III,1 le paradoxe des gdes villes ...   Dim 4 Fév - 13:46

Sur la chine ? Ouaip ... mais à partir d'où ? à la limite jte mets tout parce qu'il était pas long ce chapitre.

Bim !

Chapitre 8 : Territoires urbains de la pauvreté en Chine

1,3 milliards d’habitants, environ 42% de citadins, donc 540 millions de personnes.
Pays le plus peuplé du monde, et l’un des pays du monde où l’urbanisation est la plus rapide. Alors que dans d’autres pays de même
niveau de développement, l’urbanisation commence à ralentir. En Chine, le transfert de population rurale vers les villes continue de s’accroître. Pourquoi ?
La libéralisation économique, depuis une vingtaine d’années, a débouché sur croissance économique qui demande de la main-d’œuvre dans l’industrie, donc dans les villes ; besoin de main-d’œuvre aussi dans le bâtiment, et de plus en plus dans le secteur des services, qui se développe dans les villes en réseau avec l’amélioration du pouvoir d’achat ; mais ce n’est pas le cas de toutes les villes chinoises : limité surtout à la Chine côtière. La Chine intérieure ressent très peu ces évolutions.
Rapidité de l’urbanisation s’explique aussi par le fait que les migrations des campagnes vers les villes ont longtemps été sévèrement limitées, voire interdites. Donc comme phénomène de rattrapage.
Depuis fin années 50 jusqu’aux années 1980, migrations restreintes, interdiction prolongée qui a laissé subsister un potentiel de migration considérable. Donc flux relâché dès que autorisation donnée.
Main d’œuvre retenue dans les campagnes était agricole, mais en surnombre par rapport aux terres à cultiver. Agriculture collectiviste : ça se voyait pas trop. Puis quand redistribution des terres : c’est devenu manifeste. + écart de revenus entre ville et campagne : faisceau de facteurs conjugués qui alimente le courant migratoire des campagnes vers les villes.
Problème du Hukou, utilisé comme instrument de maintien sur place des populations (sorte de passeport). Même s’il n’est pas appliqué avec la même rigueur que dans années 70, ce système n’a pourtant pas été abrogé : le livret existe toujours.
Ainsi, il existe au sein de la population urbaine deux catégories : ceux qui ont « le droit » de vivre en ville, et d’autres qui ont hukou rural. Ceux-là ne sont que tolérés. Cependant, ne sont pas tous pauvres.

Problématique : comment les autorités urbaines et les populations réagissent-elles, dans des villes en plein bouleversement qualitatif et quantitatif, à une situation caractérisée par de multiples contradictions, entre la présence de nombreuses personnes en ville et le fait que certaines n’y sont que tolérées, entre le fait qu’il y ait de fortes inégalités sociales croissantes alors que le régime est communistes : comment, dans ce complexe, comprendre la pauvreté urbaine en Chine ?


I. Qui sont les citadins pauvres ?


Economie mixte : en grande partie privatisée, mais pas totalement. La transformation s’est soldée par des inégalités dans la société chinoise.

Avant 1980, la société chinoise était très égalitaire. Tendance des autorités à nier la pauvreté urbaine – censée être l’apanage des sociétés capitalistes. Pauvreté rurale est acceptée, mais pas la pauvreté urbaine (car on ne peut pas invoquer des conditions climatiques ...).
Chiffre officiel est notoirement sous-estimé : cela donnerait 15 millions de personnes (moins de 3% des citadins) : chiffre sous-estimé. Originalité de cette estimation : repose sur 2 biais : façon de fixer le seuil de pauvreté ; et aussi une autre façon spécifiquement chinoise de sous-évaluer la pauvreté : il ne s’agit que des personnes pauvres parmi les citadins. Les officiellement pauvres au sein de la population officiellement urbaine.
Il s’agit essentiellement de chômeurs, le chômage est apparu dès 1980 (cause secteur privé). Même des entreprises d’Etat (donc à la base statut d’emploi garanti) ont procédé à des licenciements. Système bancaire est aussi un système d’Etat. La non rentabilité de ces entreprises est apparue peu à peu ; des entreprises d’Etat en sureffectif procèdent aussi à des licenciements.

Quand une personne employée dans une entreprise d’Etat, des allocations chômage sont versées pendant 3 ans, mais après tout est à la charge du chômeur : il faut qu’il s’inscrive à une assurance chômage (c’est le cas d’un chômeur sur 2). Pour les autres, il y a une allocation très minimale, juste assez pour survivre (ne fait pas dépasser le seuil de pauvreté).
De cette allocation minimale ne bénéficie pas toute la population mais seulement les chômeurs en fin de droit, et ayant travaillé dans une entreprise d’Etat. La population flottante n’a rien (ni allocation chômage si indemnité minimale). Les personnes qui travaillaient à leur compte (petites entreprises) n’en bénéficient pas non plus.

Ces citadins pauvres n’incluent pas les pauvres au sein de la population flottante, pourtant cette population compte plus de 100 millions de personnes. Au sein de cette population, tous ne sont pas en situation de pauvreté (ce ne sont pas rarement les plus pauvres car il faut payer le voyage et pouvoir parler le mandarin).
Leur salaire est en moyenne 40% inférieur à celui des citadins « officiels ».

Appellation de « population flottante » a été utilisée officiellement jusqu’en 2000, et continue maintenant à être utilisée dans la langue courante. Une population censée pratiquer des migrations temporaires. Censées ne pas se fixer définitivement en ville (donc étaient tolérés). Mais c’est aussi un terme très péjoratif en chinois. Donc même si pas en situation de pauvreté, cette population dans les représentations mentales fait l’objet d’un certain mépris.

Ce système qui était dans sa finalité initiale (éviter l’accumulation de la pauvreté urbaine) a été détourné et permet de doter les industries et le secteur des services en ville de main d’œuvre à bas prix. Main d’œuvre privée de toute revendication salariale, exploitable sans limites, du fait de son statut précaire.

Leurs enfants n’ont pas droit à la scolarité gratuite. 20 millions d’enfants au sein de cette population flottante, dont les parents sont obligés de payer (même l’école primaire). Aussi exposés au travail prématuré.
Dans beaucoup de familles, l’importance de l’éducation est telle que ces familles préfèrent se restreindre sur dans d’autres domaines pour payer l’instruction des enfants.

Depuis 2000, il y a une nouvelle étape : les autorités reconnaissent la présence des ruraux comme nécessaire. Chaque province ainsi que les 3 plus grandes villes chinoises (Beijing, Tianjin, Shanghai) sont autorisées par l’Etat à fixer librement un quota de ruraux autorisés à recevoir un titre de résidence urbain.

Les migrants ne sont plus systématiquement regardés de façon négative, leur contribution à l’économie commence à être acceptée. Le terme de « population flottante » est remplacé dans les publications officielles. Le ministère du travail rapporte que 70% d’entre eux a été au moins une fois confronté à un retard de paiement de salaire voire de non paiement. Depuis 2001 les migrants ont le droit de former leur propre syndicat. 2005, institution d’un salaire minimum. Pas fixé à l’échelle nationale mais laissé à l’appréciation des provinces (en fonction du coût de la vie).


II. Où vivent-ils dans l’espace urbain ?

La concentration spatiale dans les quartiers de citadins pauvres est tabou. Aucun recensement officiel de ces quartiers. Statistiques de revenus ne sont jamais territorialisés.
Il faut exploiter d’autres données de recensement : le pourcentage d’illettrés, par exemple ; pourcentage de non qualifiés.

Les entreprises construisaient des logements près du lieu de travail. Il y avait mixité sociale, mais il n’y avait pas d’équivalences entre les quartiers pour les services, la qualité des immeubles ...
Quartiers pauvres, du temps de la Révolution, très dégradés et non entretenus depuis des années. Disponibilité sanitaire très médiocre.
Dans les logements plus neufs, la mixité sociale s’évanouit, la population à plus hauts revenus s’installe dans les meilleurs immeubles ... Rénovations urbaines : on démolit tout pour construire des immeubles neufs de bureaux voire des immeubles de luxe.

Initialement, la réapparition d’une division socio-spatiale peut aussi s’appuyer sur une différence des quartiers qui avait persisté sous Mao.
Logements sociaux : propriété des municipalités, construits en périphérie.
Pour les citadins de plein droit, ce st les moins beaux et les moins bien situés des immeubles construit par les entreprises ....
Quartiers de gare abritent les migrants ; d’anciens villages périurbains, qui se sont agrandis. Il peut y avoir aussi des quartiers autoconstruits (ce que les autorités nient car se st longtemps vantées d’avoir échappé à cela).

Groupements des originaires de la même province. Le migrant peut donc trouver une forme de solidarité.
Ces groupements portent le nom de, village. L’un des plus connus : au Sud de Beijing : Village du Zheijiang ». Lieu émetteur de migrants : « Village du Anhui ».
Autour de Beijing, de Shanghai ...

Celui du Zheijiang accueille de nombreuses ind textiles : on considère le village comme un centre d’ind textile.
Prise en charge d’un certain nombre de services : école, crèche, hôpital ...

A plus grande échelle : certains logés par leur employeur dans des dortoirs d’usines.
D’autres dorment dans des baraquements près des chantiers ; cela permet de remplir les conditions du temps de travail.



Conclusion
Gestion insuffisante par rapport aux besoins, mais pas de prolifération de l’habitat inégal. Beaucoup moins répandu : car taux de chômage est bas en Chine...
La pauvreté en Chine doit être réévaluée ; mais il y a incorporation réelle au marché du travail.

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Marine



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MessageSujet: Re: Cours V2 février III,1 le paradoxe des gdes villes ...   Dim 4 Fév - 13:50

il doit m'en manquer 2-3 bouts, j'étais dans la lune pendant ce cours-ci, mais dans l'ensemble ça devrait être complet ... (à peu près)

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