Le Forum des Khâgneux

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 Corrigé de Géo

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Pierre_admin
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Localisation: Originairement de la rive sud, t'entends? RIVE SUD!!!11!!
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MessageSujet: Corrigé de Géo   Ven 6 Avr - 15:41

Marion Solotareff

[ PAGE 1 : Quelques remarques pédagogiques / PAGES SUIVANTES : Proposition de plan corrigé. ]

REMARQUES :

Orthographe : le nom de Serge PAUGAM a été souvent mal orthographié…

Connaissances (quelques points sur lesquels il y a eu des erreurs dans plusieurs copies) :

-Le mot « burakumin » ne s’emploie qu’au Japon. En Inde, les hors-castes sont appelés Intouchables, Harijan ou Dalit.

-Les « edge cities » dans les villes américaines sont des quartiers d’activité (bureaux ; éventuellement commerces) et non d’habitation.

-Dans les quartiers anciens taudifiés proches des centres, les habitants ne sont que très rarement propriétaires de leur logement, presque toujours locataires.


Technique de dissertation :
Même si vous l’avez déjà fait à chaque dissertation et pouvez avoir le sentiment de vous répéter…n’oubliez pas définir les termes du sujet dans l’introduction, y compris des termes de base maintes fois rencontrés comme (ici) « pauvres » et « ville ».
Rappel : la définition internationale de la pauvreté de revenu (moins de 2 voire moins de 1 dollar/jour) n’est utilisée que pour les PED. Pour les pays développés, ce sont les seuils nationaux qui sont retenus

Raisonnement :
Un « acteur » étant celui qui exerce par lui-même une action, il était contestable d’employer des expressions comme : « acteur indirect » , « acteur involontaire » ou « acteur passif »,
expressions qui contiennent une contradiction interne.
Si (au lieu de « acteur » ) le libellé avait comporté le mot « facteur » (terme désignant tout élément -qu’il soit humain ou non- susceptible de produire des effets), cela aurait été différent, puisqu’il est tout à fait légitime de parler des « effets indirects » de tel ou tel facteur, pour signifier qu’il y a eu un double enchaînement causal.













« Les citadins pauvres, acteurs de la ville ».
Proposition de plan corrigé :

INTRO :
La ville étant un regroupement d’individus nombreux (le seuil de 10 000 habitants étant le plus fréquemment retenu à l’échelle internationale) sur un espace bâti en continu, une telle concentration humaine ne se justifie que si elle permet d’intensifier les interactions entre les acteurs en présence. Cependant, parmi ces intervenants – particuliers isolés ou organisés, entreprises, pouvoirs publics aux divers échelons territoriaux - tous ne disposent pas, loin s’en faut, des mêmes moyens pour concrétiser leurs aspirations.
Les citadins pauvres peuvent être définis comme les habitants des agglomérations ayant un revenu notoirement insuffisant, avec moins de deux dollars par jour dans les PED (pays dits en développement) ou moins de la moitié du revenu médian, (voire d’un revenu minimal fixé officiellement) dans les pays développés. Au-delà de ces critères purement pécuniaires, on pourra élargir la définition en y incluant l’ensemble des citadins souffrant de conditions de vie déficientes en regard de ce qui est jugé acceptable. Ainsi, par définition même, ce sont parmi les acteurs de la ville ceux dont les moyens d’action matériels sont les plus limités de tous.
Dans ce contexte, se demander de quelles façons les citadins pauvres contribuent à modeler la ville et ses dynamiques en tant qu’espace (avec son étendue mais aussi son paysage) et en tant que système (économique, social, culturel et politique), c’est se demander quelles stratégies ils peuvent mettre en œuvre, alors que l’urgence de leurs impératifs quotidiens risque de primer sur la poursuite d’objectifs à plus long terme qui, en outre, ne coïncident pas nécessairement avec ceux que poursuivent les autres acteurs en présence. Pour éclairer cette question, on envisagera successivement :
I Les citadins pauvres, responsables de la création ou de la transformation des espaces bâtis et de leurs paysages.
II Les citadins pauvres sont à l’origine d’une vie économique et culturelle qui contribue à modeler le système-ville.
III Interférences et antagonismes entre les stratégies des citadins pauvres et celles des autres acteurs de la ville.
.
I Les citadins pauvres, responsables de la création ou de la transformation des espaces bâtis et de leurs paysages.

1) Création de nouveaux espaces urbains en dehors de toute légalité
(quartiers précaires en périphérie, ou dans des interstices relativement proches des centres, mais vacants)

L’habitat illégal : phénomène très limité, même s’il n’est pas totalement inexistant, ds les pays développés. Ex : « micro-bidonvilles » réapparus ds l’agglomération parisienne ou marseillaise.
Mais dans ce type de pays, l’immense majorité des nouveaux espaces bâtis sont créés par des acteurs autres que les citadins pauvres. (pouvoirs publics, constructeurs privés).

Au contraire, phénomène massif dans les PED (Ex : le quartier illégal de « Mathare Valley » ds l’agglomération de Nairobi, Kenya).
Initiative issue des résidents pauvres eux-mêmes, individuellement ou en groupe, ce que soulignent les dénominations variées de ces quartiers.

Statut allant de l’absence totale de droit d’occupation (sur terrains publics) à des accords passés avec les propriétaires du sol (s’il s’agit de particuliers) : en ce cas les occupants sont « acteurs » de ces accords. (Ex : constructions ds villages autour du Caire ou de Beijing dont la fonction agricole décline).
Pratique fréquente de l’autoconstruction, au moins ds un 1er temps : les occupants sont bien, en ce sens, acteurs d’un paysage urbain qu’ils ont créé. Ds le cas des périphéries occupées par des nomades contraints à la sédentarisation et réfugiés, l’espace urbain, ds un premier temps, offre un paysage de simple campement.(Ex Oulan Bator, Mongolie) Ou s’il s’agit de migrants venus directement des campagnes, aspect rappelant l’habitation rurale -cases d’Afrique subsaharienne ; maisons sur pilotis en Asie du SE…)
Avec le temps, ce sont aussi les habitants qui entreprennent une « durcification » (ex : périphéries de Mumbai, Inde)

Dynamique de création renouvelée de ce type de quartiers : à la fois du fait de l’accroissement démographique, et de véritables stratégies de spéculation (revente du logement ayant pris de la valeur et réplication de la même expérience un peu plus loin).

Quel que soit le pays du monde, une autre forme de marquage des paysages urbains par les citadins pauvres est celle qui concerne des quartiers déjà existants, non pas créés mais tqu’ils transformés par leurs habitants.

2 Les transformations de l’espace urbain et du paysage dans des quartiers péricentraux

-Quartiers de gares, d’affaires, quartiers touristiques : la présence (plus ou moins visible) des sans-abris. (trottoirs, porches…)
-Quartiers d’habitation taudifiés :
Densification démographique (sauf en Amérique du N où les quartiers les plus pauvres sont caractérisés par le taux élevé de logements vacants)
Occupation illégale (squat) de bâtiments abandonnés
Constructions parasites surajoutées en hauteur(ex : sur les toits au Caire)

Construction légale et occupation illégale peuvent ainsi coexister. De même, les limites entre production d’espace urbain légal et initiatives infra-légales des plus pauvres se brouillent parfois :
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Pierre_admin
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MessageSujet: Re: Corrigé de Géo   Ven 6 Avr - 15:41

3 Logements illégaux ajoutés par les populations pauvres à des quartiers initialement créés par les autorités :

-Construction de logements supplémentaires dans les arrière-cours des townships (Afrique du Sud)
-Agrandissement illégal (par agglutinement de nouvelles constructions) autour d’un lotissement officiel destiné au relogement, voire d’une ville nouvelle (Ex : Villa El Salvador à Lima ; Duwiqâ au Caire)

Même si les quartiers qu’ils occupent sont souvent mal intégrés à la ville, les populations les plus pauvres sont cependant partie intégrante de la vie économique des agglomérations, de par leur double statut de travailleurs et de consommateurs.

II Les citadins pauvres sont à l’origine d’une vie économique et culturelle qui contribue à modeler le système-ville.

1 Contribution à la vie de l’agglomération par leur travail légal.
Les déplacements quotidiens de résidents de quartiers pauvres vers les lieux de travail (zones industrielles, chantiers de bâtiment et travaux publics, quartiers touristiques…) contribuent à animer les flux qui tissent l’unité fonctionnelle de l’agglomération.

Mais à ces activités s’ajoutent, avec une ampleur variable selon les pays, celles du secteur dit informel.

2 Création d’activités de production et de services qui contribuent aux fonctions de l’agglomération

Activités de production artisanale, commerce de détail, élaboration de plats cuisinés, réparation, transports…visent à combler les besoins élémentaires des personnes, exclues du marché du travail légal, qui doivent imaginer des moyens d’existence.
Mais simultanément, ce sont les fonctions mêmes de l’agglomération qui s’en trouvent enrichies, le travail informel venant combler certaines carences des entreprises ainsi que des pouvoirs publics.

La spécificité de l’habitat et des activités, les discriminations subies, contribuent à inciter à la création de traits culturels parfois originaux

3 Création de « contre-cultures » urbaines
C’est parfois du fait de leur mise à l’écart de la culture «officielle » que certaines populations urbaines pauvres élaborent leur propre particularisme culturel. (Ex : samba née dans les favelas brésiliennes ; rap…)

Mais que ce soit dans le domaine culturel ou dans d’autres aspects du fonctionnement de la ville, les citadins pauvres n’agissent cependant pas isolément.


III Interférences et antagonismes entre les stratégies des citadins pauvres et celles des autres acteurs de la ville.
.
Les actions des citadins pauvres s’inscrivent elles-mêmes en interaction avec les initiatives d’autres acteurs, selon des modalités pouvant aller de la coopération aux rapports de force.

1) Pour se faire entendre, les citadins pauvres se regroupent souvent
Même si le taux de participation réelle à la vie associative est parfois faible, les associations de résidents (Ex : cf cours) fournissent le cadre d’actions plus concertées de négociation voire de revendication et peuvent tenir lieu d’interlocuteurs redoutés ou reconnus par les pouvoirs publics.

-En Argentine, ds les 10 dernières années, les populations paupérisées issues de l’ancienne classe moyenne se regroupent en associations, de sorte que les quartiers illégaux créés le sont de façon concertée et avec un véritable plan quadrillé, visant à faciliter une éventuelle régularisation ultérieure.

-Ds les villes brésiliennes, la légalisation des quartiers précaires est entreprise de façon prioritaire là où des associations existent et sont prêtes à collaborer avec la municipalité pour les travaux à venir. (programme « Favela bairro »)
-Interactions et jeux de pouvoir, ds les villes d’ Afrique du S post-apartheid, entre dirigeants politiques et « civics ».

-Engagement associatif dans les « quartiers sensibles » d’Europe de l’Ouest, comme remède ou effort de prévention des violences.

2)Mais leurs actions sont limitées par les politiques de prestige menées par les élus urbains et la spéculation foncière.

Retour du libéralisme sur le plan idéologique, couplé avec l’élargissement de la concurrence interurbaine à l’échelle mondiale (gdes agglomérations tout au moins) et avec les politiques d’ « ajustement structurel » dans les pays les plus endettés : autant de facteurs qui contribuent à déclencher des politiques urbaines allant à l’encontre des intérêts des populations pauvres, dès lors marginalisées en tant qu’acteurs :
-Dans tous les types de pays, réhabilitations et rénovations ds les centres, contraignant les résidents les plus pauvres à accepter des solutions de relogement éloignées, sans pouvoir être véritablement acteurs de leur propre mobilité résidentielle.
-Ds les PED, destructions de quartiers illégaux qui nuisent à l’image de la ville (sans véritable relogement, ou avec réinstallation proposée sur des terrains à peine viabilisés où il faut construire soi-même). Les résistances à l’encontre des « déguerpissements » sont parfois violentes.
-Arrêtés municipaux à l’encontre de la mendicité dans certaines villes européennes (Ex villes du Midi méditerranéen français) contraignant au départ les sans-abris.

Le champ d’action des plus pauvres au sein des espaces urbains semble donc plutôt en voie de se réduire depuis une dizaine d’années. Pourtant, les habitants en tant que tels sont censés être associés au pouvoir dans le cadre de la « gouvernance » préconisée par les instances internationales :

3 Les citadins pauvres, acteurs sous des formes renouvelées dans le cadre de la « gouvernance urbaine » ?

Si la gouvernance n’est pas un simple alibi pour donner bonne conscience aux élus engagés dans une politique de vitrine, elle peut être le cadre d’une intégration plus forte des citadins pauvres à la gestion urbaine. (Ex : cf cours).
Mais de toute évidence, une profonde différence existe à cet égard entre les habitants –si défavorisés soient-ils – insérés dans l’économie urbaine même informelle et dans un tissu social, et les véritables « exclus » profondément et durablement marginalisés, tant par l’ostracisme dont ils sont l’objet que par leur propre incapacité à imaginer même les voies d’une solution.


CONCL :

Les différents acteurs de la ville agissent sur l’espace urbain en fonction de stratégies qui dépendent en partie de leurs représentations, mais dans la limite de leurs moyens non seulement matériels mais aussi sociaux et culturels.
Dans la mesure où les citadins les plus pauvres sont ceux dont les revenus, mais aussi le capital social et culturel, sont les plus restreints, un écart considérable peut exister entre leurs aspirations et leurs réalisations effectives. Dans certains domaines, économiques notamment, sans doute convient-il de les considérer plutôt comme « agents » (c’est-à –dire individus agissant mais de façon subordonnée à des contraintes qu’ils ne maîtrisent pas, que ce soit une réelle coercition ou plus banalement une absence de choix) que comme acteurs à part entière, faute de possibilités d’intervenir en toute liberté sur les dynamiques urbaines.
N’est-ce pas parce qu’ils sont souvent dans l’incapacité de transformer le cadre de vie dans la partie de l’espace urbain où ils résident, que certains citadins pauvres optent pour diverses formes de mobilité résidentielle, intra voire inter urbaine ?
Laissons la parole pour terminer à J.Arputham, responsable national de la Fédération des habitants de bidonvilles (« National Slum Dwellers Federation » ) de l’Inde : « Nous devons faire naître l’espoir en bâtissant des villes pour tous. Cela ne sera possible que lorsque les pauvres urbains deviendront les artisans de leur propre destin et non les personnages d’un scenario écrit par d’autres »
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Corrigé de Géo

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