Voici des critiques de films (que je n'ai pas vus!) trouvées sur le Net et qui faisaient partie de la "petite bibilographie de vacances"....
MAGNOLIARéalisateur(s) : Paul Thomas Anderson
Acteur(s) : Tom Cruise , Jeremy Blackman
Genre(s) : Comédie dramatique
Nationalité(s) : Etats-Unis
Durée : 185
Année : 2000
"Par où commencer pour évoquer ce film constamment surprenant, constamment en mouvement ? Par l’histoire de Linda (Julianne Moore), qui prend soudain conscience de ses sentiments pour un vieillard mourant qu’elle avait épousé pour son argent ? Par l’histoire de Stanley (Jeremy Blackman), 10 ans, exhibé par son père sur les jeux télévisés comme un singe savant ? Ou bien, tout simplement, par cet étonnant prologue qui nous enseigne que dans la vie, « des choses étranges se produisent tous les jours » ?
Hasards et coïncidences… Avec sa dizaine de personnages qui se croisent et se recroisent le temps d’une journée, Magnolia demeurera, à l’image de Short cuts, comme un modèle de film choral. Mais là où Altman se montrait férocement impitoyable, Paul Thomas Anderson opte pour la compassion et la sympathie – au sens fort du terme : « souffrir avec ». Il épouse avec respect et humanité chacun de ses personnages, du plus attendrissant au plus misérable, se gardant bien de tout jugement. Comment pourrait-il se permettre de juger, quand tout le propos de son film est d’accompagner des individus qui, tous, à un moment ou à un autre, pour une raison ou pour une autre, finissent par craquer ? Film choral, certes, mais qui pousse le genre jusqu’à ses dernières limites, puisque le principal trait commun de tous les protagonistes est la solitude. Une solitude asphyxiante, qui force Frank, Claudia, Jimmy et les autres à ne puiser leurs forces qu’en eux-mêmes. Mais l’on est si vulnérable lorsque l’on ne peut compter que sur soi…
Si le film est parfois tragique – drogue, inceste, tentative de suicide… - il reste sans cesse mû par une énergie qui le sauve du désespoir. Envers et contre tout, Magnolia reste un film optimiste. Un film qui, patiemment, déroule le fil qui va de personnage en personnage pour finalement les unir en une communion apaisée, laquelle, sans les résoudre, transcende les souffrances de chacun. La rédemption de cette quête éperdue d’amour n’a rien d’angélique. Bon an, mal an, elle nous montre que si le mal-être est universel, rien ne serait possible sans pardon et sans tendresse. « J’ai tellement d’amour en moi, et je ne sais pas à qui le donner », murmure pathétiquement William H. Macy. Magnolia consacre cet être humain capable de tant de générosité – le personnage de John C. Reilly est à cet égard exemplaire – lui qui est pourtant si imparfait, si instable, si complexe. Leitmotiv incessant, la météo du ciel est aussi celle des hommes : changeants et imprévisibles, capables de passer du beau fixe à l’averse et inversement. Ce n’est pas un hasard si la totalité des comédiens sont meilleurs qu’on ne les a jamais vu : Tom Cruise, Julianne Moore, John C. Reilly, Philip Seymour Hoffmann et tous les autres héritent de rôles forts et magnifiques, dotés d’une identité propre, et consacrés à chaque scène. Dans ce film où tous les seconds rôles sont au premier plan, pas un n’est sacrifié ; et ce n’est pas la moindre beauté de Magnolia que de ne se livrer à aucune échelle de valeur dans la souffrance, et de faire ressentir l’humiliation d’un petit garçon qui fait pipi sous lui aussi violemment que les retrouvailles d’un fils avec son père mourant.
Film virtuose, de près de trois heures, où les destins ne cessent de s’entremêler pour le meilleur et pour le pire, Magnolia demeure cependant, conformément à la volonté de son réalisateur si doué, « un film intimiste, modeste », déclinaison sublime et déchirante de ces élans qui agitent les êtres, dans la souffrance comme dans l’amour. Dès lors, même une pluie de grenouille ne réussirait pas à nous surprendre…"